Les autorités guinéennes viennent de dissoudre plusieurs partis politiques, dont trois des plus grandes formations du pays. Cette actualité continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion publique.
A Kankan, bastion historique du RPG de l’ex-président Alpha Condé, la décision n’a toutefois pas surpris les militants du parti. Les responsables locaux dénoncent ce qu’ils considèrent comme une manœuvre politique du pouvoir en place.
Pour El Hadj Sory Sanoh, coordinateur du RPG-AEC en Haute-Guinée, cette dissolution ne remet pas en cause l’attachement des militants à l’idéologie du parti. « On peut dissoudre notre parti par la force, mais on ne peut pas enlever de nos têtes l’idéologie que M. Alpha Condé nous a inculquée », affirme ce cadre du RPG-AEC.
Selon lui, le parti n’a jamais été pris au dépourvu par cette décision. « Depuis le 5 septembre 2021, date du coup d’État contre notre régime, nous avons été confrontés à des emprisonnements, des enlèvements et des disparitions forcées. Cette dissolution n’est que la suite logique de ces manœuvres », soutient El Hadj Sory Sanoh.
Le responsable local souligne également que le RPG-AEC demeure un parti républicain et légaliste. Il estime que la décision de dissolution viserait à pousser les militants vers le nouveau parti au pouvoir, la GMD, une hypothèse qu’il rejette. « Les militants restent attachés à l’idéologie d’Alpha Condé. Même si le parti est dissous par la force, ils ne suivront pas cette logique », assure-t-il.
Concernant d’éventuelles voies de recours, El Hadj Sory Sanoh indique qu’elles pourraient exister, mais précise attendre les orientations de la direction nationale du parti ainsi que celles des formations politiques organisées au niveau national avant de se prononcer. « Nous n’avons pas encore consulté le nouveau code électoral ni le nouveau code des partis politiques. S’il existe une possibilité de recours, elle sera étudiée », explique-t-il.
Enfin, il a lancé un message de fidélité et d’unité à l’ensemble des militants et cadres du RPG-AEC. « Restons unis, restons derrière notre direction nationale et fidèles à l’idéal politique du président Alpha Condé. Même dissous, notre engagement et notre conviction ne seront jamais remis en cause », conclut-il.
Cette position ferme des militants du RPG-AEC à Kankan illustre la persistance d’une résistance politique et idéologique face à la recomposition en cours du paysage politique guinéen, dans un contexte où plusieurs partis traditionnels voient leur avenir fortement fragilisé.
Michel Yaradouno


