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Accès à l’eau en Guinée : Les besoins du secteur sont estimés à près de 2,4 milliards d’euros

À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, le ministre de l’Hydraulique, Aboubacar Camara, a livré un discours sans détour. Entre constat lucide, alerte sur les risques futurs et appel à l’action collective, il place l’eau au cœur des enjeux de justice, de dignité et de développement en Guinée.

En ce 21 mars, date marquant la Journée mondiale de l’eau, le ministre de l’Hydraulique a choisi de rompre avec les discours convenus. Face aux défis persistants, Aboubacar Camara a assumé une posture de vérité : « Je ne suis pas ici pour commémorer une ressource… je suis ici pour faire face à une réalité », a-t-il déclaré d’entrée.

Une réalité qu’il qualifie d’urgente et interpellante. Car pour lui, « l’eau, c’est la vie… mais aujourd’hui, l’eau, c’est aussi une responsabilité collective, immédiate et historique ».

Souvent présentée comme le « château d’eau de l’Afrique de l’Ouest », la Guinée peine pourtant à garantir un accès équitable à cette ressource vitale. Dans de nombreuses localités, le quotidien reste marqué par la quête de l’eau.

Le ministre décrit une situation préoccupante : « Des femmes, des hommes, des enfants continuent de chercher de l’eau, de marcher pour l’eau, d’attendre l’eau ».

Une charge qui repose en grande partie sur les femmes et les jeunes filles. « Ce sont elles qui se lèvent à l’aube, parcourent des kilomètres, sacrifient leur temps et parfois leur santé pour garantir l’eau à leurs familles », a-t-il souligné.

Malgré les investissements et les projets en cours, le ministre reconnaît sans détour les limites actuelles : « L’accès à l’eau potable reste encore en deçà des attentes légitimes de nos populations. Et cette réalité, nous ne la contournons pas. Nous l’assumons ».

Avec plus de 2,5 millions de ménages et une urbanisation galopante, la pression sur les infrastructures hydrauliques ne cesse de croître.

Le ton se durcit lorsqu’il évoque l’avenir. Sans changement profond, la Guinée pourrait faire face à une crise majeure. « Si nous continuons sur les mêmes trajectoires, plusieurs de nos localités connaîtront un stress hydrique sévère », prévient-il.

Le changement climatique aggrave la situation, avec « l’irrégularité des pluies, la diminution des ressources et la dégradation des écosystèmes ».

Mais le ministre se veut rassurant et déterminé : « Ce scénario ne se produira pas », affirme-t-il, évoquant les réformes engagées et les projets structurants lancés ces dernières années.

Au-delà de la technique, le défi est aussi financier. Les besoins du secteur sont estimés à près de 2,4 milliards d’euros, dans un contexte de baisse des investissements internationaux.

Aboubacar Camara pose alors une question fondamentale : « Quel est le véritable retour sur investissement de l’eau ? Est-ce un taux financier ou la santé d’un peuple, la stabilité d’un pays, la dignité d’une nation ? »

Le ministre appelle à un changement de paradigme. « L’eau doit payer l’eau », insiste-t-il, tout en invitant banques, institutions financières et secteur privé à s’engager.

« Investir dans l’eau, ce n’est pas investir dans un produit. C’est investir dans la vie », martèle-t-il.

Parmi les actions concrètes, plusieurs projets sont en cours ou imminents, notamment dans les villes de Fria, Koubia et Beyla, ainsi que le projet d’alimentation en eau potable du Grand Conakry.

Dans le cadre du programme Simandou 2040, l’eau est désormais érigée en priorité nationale, signe d’une volonté politique affichée.

Au-delà des infrastructures, le ministre pointe du doigt les comportements.

« Chaque goutte perdue aujourd’hui est une crise demain », alerte-t-il, dénonçant les fuites non réparées et le gaspillage.

Il met également en garde contre la prolifération incontrôlée des forages, qualifiée de « menace silencieuse pour nos nappes phréatiques ».

Siby

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