Le procès de Badra Koné devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) est marqué ce mercredi par des interpositions tendues. Face aux tentatives de la défense d’invoquer le statut de candidat du prévenu pour suspendre la procédure, le procureur spécial Alphonse Charles Wright a opposé une fermeté absolue, rappelant que l’arène politique ne saurait constituer un sanctuaire juridique.
L’ancien président de la délégation spéciale de Matam, poursuivi pour le détournement présumé de 240 milliards de francs guinéens entre 2021 et 2026, a plaidé non coupable dès l’ouverture des débats. Cependant, c’est sur le terrain du droit électoral que la bataille s’est engagée. Me Lancinet Sylla, l’un des conseils de la défense, a soulevé une exception basée sur l’article 66 du code électoral, qui interdit toute poursuite contre un candidat avant la proclamation des résultats, hors cas de flagrance.
La réaction du procureur spécial a été cinglante. Rejetant un argument qu’il juge « léger tant dans sa forme que dans son fond », Alphonse Charles Wright a tenu à rappeler un principe d’égalité devant la loi, quels que soient les titres ou les ambitions des justiciables : « On ne se sert pas d’un parti politique pour échapper à ses responsabilités. Votre engagement politique ne saurait vous soustraire à la justice. Même si vous êtes le président d’une institution parlementaire en devenir, vous serez poursuivi jusqu’au bout si les faits sont avérés ».
Après une suspension de séance, le juge Alpha Camara a rendu son verdict sur ces points de droit : l’exception soulevée par la défense a été déclarée inopportune et la demande de mise en liberté provisoire de Badra Koné a été rejetée.
Thierno Amadou Diallo




