Les responsables de Rio Tinto SimFer ont dressé, ce jeudi, un état des lieux de l’avancement du projet Simandou. Face à la presse, le directeur général de SimFer SA, Chris Aitchison, accompagné du directeur général de Rio Tinto Guinée Aboubacar Koulibaly, a mis en avant les progrès enregistrés sur les différentes composantes du projet, tout en insistant sur les retombées attendues en matière d’emploi, de formation et de protection de l’environnement.
Cette rencontre avait pour objectif de faire le point sur l’évolution du projet alors que celui-ci entre dans une phase importante d’amélioration et de mise en œuvre opérationnelle.
« Nous avons constaté des progrès continus sur le projet, avec des opérations devenant plus résilientes et des étapes clés franchies à la mine, sur le chemin de fer et au port. Un point clé de ce trimestre est l’amélioration continue des opérations, avec toutes les liaisons entre la mine Simfer et la ligne principale, ainsi que les expéditions depuis le port WCS vers les clients internationaux », a déclaré Chris Aitchison.

Selon lui, l’année 2026 marque une étape décisive dans le développement commercial du projet.
« Plusieurs jalons importants ont récemment été atteints, notamment l’expédition de 0,6 million de tonnes de minerai de fer au cours du première trimestre, les premières ventes réalisées en Chine en avril, ainsi que l’arrivée de trois chargeurs de navires au port de Morebaya. SimFer a également achevé la construction de son embranchement ferroviaire de 70 km, une infrastructure clé reliant la mine de SimFer à la ligne ferroviaire principale transguinéenne et garantissant la poursuite du transport du minerai vers les marchés internationaux. Cette étape marque la mise en place réussie d’un élément clé de la chaîne logistique intégrée du projet, réalisée dans le respect des normes de sécurité tout au long des travaux de construction. », a-t-il indiqué.
Les responsables du projet ont également souligné les progrès enregistrés dans les infrastructures stratégiques. D’après les chiffres communiqués, la mine affiche un taux d’achèvement global d’environ 74 %, tandis que les travaux du port atteignent 78 %.
« Les travaux de construction et d’exploitation progressent de manière constante sur tous les aspects du projet. À la fin du mois de mars 2026, la mine de SimFer était achevée à environ 74 % ; les travaux de terrassement en vrac et les installations de production permanentes progressent conformément au calendrier prévu, tandis que le minerai continue d’être concassé et stocké. L’embranchement ferroviaire de SimFer est pleinement opérationnel, la mise en service complète de la ligne ayant été réalisée au premier trimestre 2026. Parallèlement, le port de SimFer continue à progresser en avance sur le calendrier, atteignant 78 % d’avancement à la fin du mois de mars, sa mise en service étant prévue au premier trimestre 2027 », a précisé le directeur général de SimFer SA.
L’objectif affiché reste ambitieux : atteindre une capacité annuelle de production de 60 millions de tonnes de minerai de fer au cours du second semestre 2028.
Au-delà des infrastructures, le directeur général de SimFer a insisté sur la nécessité de renforcer les compétences nationales afin d’assurer la pérennité des opérations.
« Nous développons des leaders guinéens dans le domaine de la maintenance afin de construire une équipe qui assurera la maintenance des installations permanentes une fois la phase de construction achevée. Nous constatons déjà des résultats à travers nos activités. Nous avons également mis en place notre centre de formation ainsi que notre programme d’apprentissage sur le terrain », a expliqué Chris Aitchison.

Dans cette dynamique, l’entreprise poursuit un vaste programme de formation destiné aux jeunes issus des communautés riveraines du projet.
« C’est un programme d’apprentissage dans lequel nous accueillons des jeunes issus des communautés proches de la mine. Nous leur offrons une formation de trois à quatre ans. À l’issue de ce programme, ils deviennent des professionnels qualifiés dans le domaine de leur choix, avec un niveau de formation conforme aux standards internationaux. Nous venons de terminer notre deuxième cohorte. Nous comptons désormais entre 150 et 160 jeunes adultes issus des communautés dans ce programme, qui continuera de se développer dans les années à venir. Il y a donc beaucoup d’efforts consacrés au transfert de compétences et au développement du talent local », a-t-il souligné.
Par ailleurs, SimFer a rappelé plusieurs initiatives récentes, notamment l’arrivée des premiers marins guinéens formés en Chine pour opérer les navires du projet, ainsi que l’organisation d’un forum consacré à la sécurité avec les entreprises contractantes. La remise de la pépinière communautaire de Dantilia et le soutien au lancement du Centre d’expertise en économie et politiques publiques de Guinée. Un accord-cadre a également été signé avec l’AGER pour l’électrification rurale le long du corridor de Simandou, renforçant l’impact du projet sur les priorités nationales.
Interrogé sur les enjeux environnementaux liés au projet, le directeur général de SimFer a assuré que la protection de l’environnement demeure une priorité permanente.
« Nous savons que dans l’exécution de ce projet, nous devons être très prudents. Nous sommes pleinement engagés à respecter les normes environnementales auxquelles nous avons souscrit ainsi que les standards que nous nous imposons nous-mêmes, notamment dans la gestion des habitats critiques et des habitats naturels. Il existe des engagements que nous devons respecter et des études qui se poursuivent. Ce travail sera permanent », a-t-il affirmé.
L’entreprise indique également travailler sur son futur programme de compensation de la biodiversité.
« Nous sommes aujourd’hui dans une phase où nous commençons à élaborer notre programme de compensation de la biodiversité. Nous réfléchissons à sa forme et à la manière de le mettre en œuvre en Guinée. C’est un travail en cours. Cette approche s’inscrit dans une vision stratégique visant à gérer les impacts quotidiens du projet tout en répondant aux enjeux environnementaux à long terme », a expliqué Chris Aitchison.

Par ailleurs, SimFer a maintenu un dialogue constant avec les communautés à travers des forums sur la mine, le chemin de fer et le port, afin d’informer sur l’avancement du projet et de favoriser des échanges avec les acteurs locaux.
Alors que les premières exportations commerciales sont désormais une réalité, les responsables de SimFer estiment que le projet franchit progressivement une nouvelle étape de son développement, avec l’ambition de faire de Simandou un levier durable de croissance économique, de création d’emplois et de développement des compétences en Guinée.
N’Famoussa Siby




