VIOLENCES ELECTORALES : Nassouroulaye Diallo, une des victimes, rejoint sa dernière demeure

Atteint d’une balle dans la matinée de ce dimanche 22 mars 2020, à Petit Simbaya sis dans quartier Simbaya Gare, dans la commune de Ratoma, Nassouralaye Diallo, menuisier de 18 ans, a été inhumé ce lundi aux alentours de 12 heures. Son tuteur, Ibrahima Diallo, que nous avons joint relate la journée électorale de ce dimanche dont il se souviendra pour longtemps.

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Circonstances de la mort

« Hier, dans les environs de midi, je regardais la télé. Subitement, on entendu du bruit dehors chez le voisin. Les gens sortent pour savoir ce qu’il se passe. Des tirs détonaient de partout. Parmi eux, Nassouroulaye. A peine 2 minutes après, j’ai entendu des coups de feu à nouveau. Je suis sorti moi-même. Entre temps, un jeune arrive en courant et me dit : « ils ont fusillé ton jeune frère là-bas ». Je me précipite vers la direction qu’il indique. Il était là gisant par terre. Nous le prenons pour le transporter à l’hôpital. Mais quand nous sommes arrivés au niveau de la voie publique, il n’y avait pas de passage. La route était complètement barricadée. Nous avons du le mettre sur une moto avec un autre jeune pour l’amener à la clinique le Flamboyant. Mais les médecins nous disent qu’ils ne sont pas en mesure de le prendre en charge. De là-bas, nous l’avons transféré dans une clinique située à  Demoudoula du nom de ‘’Dogomet’’. Le temps pour moi de retourner à la maison pour prendre ma voiture et revenir, le Docteur m’a dit qu’il a rendu l’âme ».

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Un cadavre, un fardeau

« Nous avons dû garder le corps toute la journée. Les médecins et moi, nous avons passé des appels pour qu’on puisse nous aider à amener le corps dans une morgue. Mais aucun hôpital n’a répond à notre sollicitation. Finalement, nous sommes allés récupérer le corps de la clinique, pour venir le reposer dans la morgue de la mosquée de notre quartier. Il y a passé la nuit. Et ce matin, les gens sont venus, nous l’avons enterré à midi ».

La compassion du gouvernement fait défaut

« Nous avons été contacté par la presse nationale et internationale, les ONG de défense des droits de l’homme nationales et internationales. On a reçu la visite d’une délégation du FNDC. Mais aucun responsable du gouvernement. Nous comptons porter plainte contre x et je suis sûr que le moment venu, l’histoire me donnera raison et la personne répondra de ses actes ».

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A noter que ces violences ont éclaté au cours de la répartition du matériel électoral aux différents responsables de bureau de vote. Boubacar Barry et Hafiziou Diallo décédés dans la même journée à Conakry y ont été également enterrés aujourd’hui.

Hawa Bah