VIOLENCES/N’ZÉRÉKORÉ : depuis la prison, Fassou Goumou décrit les circonstances de son arrestation

Depuis sa cellule de la  CMIS de N’Zérékoré, Fassou Goumou, ex-allié du RPG, interpellé au lendemain du double scrutin du 22 mars dernier, parle pour la première fois. Il accuse les autorités militaires de la région  de l’avoir arrêté sans raison. Ses propos ont été recueillis par notre correspondant dans la région.

 « Dans la matinée du 23 mars dernier, j’ai reçu un coup de fil d’Aimé Kolié, président de l’Union Kpèlè, m’invitant à le trouver au quartier Boma où il était en compagnie d’un conseiller de l’union. Quand je suis arrivé, il m’a fait comprendre que les gens veulent couper les troncs d’arbres pour bloquer la Nationale N’zérékoré-Macenta. Donc, il voulait que je m’associe à eux pour sensibiliser les jeunes de Samoé afin qu’ils ne bloquent pas la route. J’ai accepté.  J’ai pris ma voiture, il a pris la sienne, nous sommes allés.

En partant, on a trouvé au rond-point de Komou, des véhicules militaires stationnés. Quand nous nous sommes rendus à Samoé, on est allé voir le sage Kpamou Koya. Et Aimé Kolié a expliqué au sage l’objectif de notre mission. Quand il a fini, Aimé a continué vers la station qui est à Nyampara pour chercher le carburant et moi j’ai pris la route de N’Zérékoré.

Arrivé à Boma, j’ai trouvé beaucoup de véhicules stationnés là, parce que le mouvement avait commencé en ville. On attendait le cortège des militaires et des policiers pour nous sécuriser. Et juste au niveau du carrefour Komou, on a vu une dizaine de véhicules militaires qui quittaient vers Komou. On les a suivis pour ne pas être agressé. Mais arrivé à l’école primaire de Boma, les véhicules militaires ont garé pour arrêter des gens sur qui ils doutaient. Ils ont procédé à la fouille de tous les véhicules qui les suivaient. Arrivés à mon niveau, un colonel a demandé de me fouiller ma voiture. J’étais seul à bord,  ils  n’ont rien trouvé, dans ma voiture.  Ils m’ont demandé pourquoi je suis allé à Samoé. Je leur ai rappelé que j’étais avec le président de l’Union kpèlè et que je veux rejoindre ma famille à Nakouyakpala.  Aussi, je leur ai dit que c’est pour ma sécurité que  je les ai suivis.  Donc, ils ont  fait monter un agent à bord de ma voiture.

Quand nous sommes arrivés devant la préfecture, on m’a fait rentrer au camp. On m’a envoyé devant le bureau de la police militaire PM.  A ma grande surprise, on m’a mélangé avec les jeunes qu’ils avaient interpellés dans les quartiers. Ils nous ont conduits en prison.

Le 24 mars, on me fait sortir de la prison pour me mettre en garde à vue. Hier, on m’a amené à la gendarmerie. La gendarmerie dit qu’elle ne peut pas me recevoir. De là, on m’a conduit  au commissariat central de police.  Là-bas également, on leur déclare que je ne peux pas y rester. Finalement ils  ont décidé de m’amener à la compagnie mobile d’.intervention et de sécurité CMIS.  Le commandant de la compagnie m’a  rejeté au départ au motif qu’il ne sait pas pourquoi je suis interpellé. Au finish, le commandant est parti en ville  et après avoir passé plus de deux heures avec les autorités, il est revenu me dire qu’ils lui ont dit de me garder.  C’est comme ça je me suis retrouvé ici.  Je ne sais pas pourquoi. »

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De N’Zérékoré, Niouma Lazare Kamano pour ledjely.com

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