EX-DETENUS DE SORONKONI : « ils les ont laissés à Kagbelen à 2 heures »

Une quarantaine des citoyens, raflés dans le cadre des manifestations liées à la contestation anti-nouvelle constitution et qui étaient détenus dans le camp de Soronkoni (Kankan) ont été libérés la nuit dernière. Libérés et conduits jusqu’aux portes de Conakry où ils ont été laissés en rade en pleine nuit. Nous avons pu parler avec un d’entre eux qui dit souhaiter se donner le temps de récupérer avant de témoigner. Par contre, Alseny, un parent à lui nous a assuré que le jeune âgé environ de 27 ans se porte apparemment bien.

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« Il est fatigué, mais il se porte plutôt bien », nous dit le tuteur en question. Mais pour en avoir le cœur net, il pense qu’un bilan sanitaire est nécessaire. « Peut-être bien qu’ils ne leur ont pas fait ingurgiter des choses. Mais on ne sait jamais avec la nourriture qui leur était servie ».

Sur les raisons de la décision unilatérale des autorités de libérer les ex-détenus, il avance une explication. « On ne sait pas trop. Entre l’épidémie à coronavirus et le fait que les résultats du double scrutin aient été désormais publiés, c’est difficile à dire. Mais je penche plus pour une mesure de détente vu que les élections sont passées ». Toutefois, tous les ex-détenus n’ont pas la chance de tranquillement rejoindre leurs domiciles respectifs. « Il me dit qu’un groupe d’une quinzaine d’autres ex-détenus ont, eux, été conduits à la maison centrale de Coronthie. Ceux-là, les autorités estimeraient que ce qui leur est reproché est plus grave ».

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Enfin, notre interlocuteur n’apprécie que moyennement le fait que son protégé ait été abandonné en pleine nuit aux portes de Conakry. « Ils les convoyés jusqu’à Kagbélen. Ils se sont arrêtés devant une gendarmerie et leur ont demandé de descendre en leur signifiant qu’ils étaient libres de rentrer chacun chez lui. Avant de partir, ils ont demandé aux gendarmes d’attester qu’ils avaient bel et bien débarqué le contingent. Puis, ils sont partis, il était 2 heures du matin ». Vu qu’il faisait nuit qu’il était pratiquement impossible de trouver une voiture à pareil moment, le groupe a dû patienter au bord de la route jusqu’au petit matin avant de trouver le moyen de rentrer chacun, dans sa famille. « Il est fatigué et voudrait se reposer, mais avec les gens qui viennent prendre de ses nouvelles, il n’arrive pas pour le moment », explique encore Alseny.

La rédaction