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Au marché de Sonfonia Gare, les femmes “célèbrent” différemment le 08 mars !

La Journée internationale pour les droits des femmes a été consacrée en 1977 par les Nations-Unies. Si chaque 08 mars doit être l’occasion de faire un point sur la situation des femmes dans le monde, en Guinée, elle offre plus aux autorités l’opportunité de mobiliser les femmes pour célébrer, sur l’esplanade du Palais du peuple, l’événement. Mais au même moment, dans les marchés, tout comme en zone rurale, elles sont nombreuses ces femmes qui se battent pour trouver de quoi nourrir leurs familles.

Il est midi au marché de Sonfonia Gare, dans la commune de Ratoma, en haute banlieue de Conakry. Ici, on est loin du décor festif qui prévaut sur l’esplanade du Palais du peuple, située à une vingtaine de kilomètres de là. Pour beaucoup de commerçantes d’ailleurs, il n’y a rien à fêter ce jour-ci. Car on est loin de la garantie de pouvoir nourrir sa famille. « Aujourd’hui, c’est le 08 mars. Mais nous ne sommes pas parties “fêter” comme certaines femmes. Nous sommes au marché ici parce que nous devons vendre pour nous nourrir et faire vivre nos familles. Nous n’avons rien. Qu’est ce qu’on va fêter ? Rien ! Et vu la cherté des produits qui continue, il faut que le président Doumbouya nous aide. Nous voulons trouver de quoi nous nourrir. C’est le plus important », déclare une vieille dame qui se fait appeler Fatou Salade, tout en vendant ses légumes.

Pour Nyama Kourouma, vendeuse de prêt-à-porter, bien que la conjoncture économique soit difficile, il est important de se réjouir de voir une journée consacrée à la femme. Mais, s’empresse-t-elle de le préciser, ça ne sert pas grand chose aux femmes. « Nous sommes contentes de ce 08 mars mais nous sommes aussi tristes parce que la vie est dure à Conakry. Chaque 08 mars, on nous apportait des pagnes pour la fête. Mais cette fois, on a rien vu. Voilà pourquoi on a préféré venir se débrouiller au marché pour ne pas perdre le peu de gain qu’on peut obtenir avec les clients. On demande au président de revoir le prix des produits de première nécessité à la baisse parce que le marché est dur et ça se ressent sur les femmes », souligne la mère de famille.

Vendeuse de feuilles de patate et de manioc, Néma Loua vit la même précarité quotidienne. Veuve, elle doit trouver de quoi nourrir sa famille. C’est pourquoi elle n’a même pas le temps de penser à célébrer quoi que ce soit. La dure réalité du quotidien lui suffit comme situation sur laquelle réfléchir. « Nous sommes là, mais il n’y a pas de clients. Même 50 francs guinéens en une journée, on ne gagne pas. Comment aller fêter alors qu’on n’a pas à manger? Les enfants sont à la maison avec la faim. Même le riz que je mange avec mon fils, je l’ai pris à crédit. Depuis ce matin, je n’ai eu qu’un seul achat de 35 000 francs. Il faut que l’État nous aide, surtout nous les femmes, afin que nous puissions soutenir nos familles », lance-t-elle.

Pour beaucoup de femmes, la journée du 08 mars doit être mise à profit pour célébrer la femme en mettant en lumière les luttes pour les droits des femmes dans le monde. Mais aussi porter les difficultés et la voix de celles qui ne peuvent pas se faire entendre sur plusieurs sujets essentiels du pays.

Elisabeth Zézé Guilavogui

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