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MAIMOUNO YOMBOUNO : « Le CNT est l’un des organes où le quota de 30 % réservé aux femmes, est observé »

Récemment, le Conseil national de la Transition (CNT), à l’issue de 100 jours de fonctionnement, a initié des journées portes ouvertes pour partager avec les populations le bilan de ce premier trimestre. Pour notre part, nous avons voulu mettre le curseur sur les acquis en matière de promotion et de protection des droits des femmes. Pour cela, un reporter de Ledjely.com s’est entretenu avec Mme Bangoura Hadja Maïmouna Yombouno, première vice-présidente de l’institution. Elle nous livre dans cette interview les acquis et les perspectives qui se dessinent pour les Guinéennes.

Il y a quelques jours, le CNT célébrait les 100 premiers jours de son entrée en fonction. A l’occasion, beaucoup d’acquis ont été mis en évidence. Mais on n’en a pas entendu qui touchent à la promotion des droits des femmes dont vous êtes pourtant une militante reconnue. Finalement, qu’est-ce qui aura été fait durant ces trois premiers mois en rapport avec les problématiques touchant aux femmes ?

 Je vous remercie de me donner l’opportunité de m’exprimer sur ce sujet aussi important.  C’est vrai que nous avons pris l’initiative au sein du bureau du CNT de célébrer les 100 jours premiers jours d’activités depuis notre installation.  Le jour-même, si vous vous en rappelez, on avait projeté un documentaire sur les femmes.  Et je puis vous dire qu’au bout de ces 100 premiers jours, nous avons à notre actif des avancées notables en termes de promotion et de protection des droits des femmes. Des progrès dont nous les citoyens seront informés à la faveur des journées portes-ouvertes qui se poursuivent encore.

 Mais d’ores et déjà, pour citer quelques-unes de ces avancées, il convient de noter qu’après l’adoption du Règlement intérieur, les femmes se sont bien organisées à l’occasion de la mise en place des commissions parlementaires. Elles ont identifié les commissions auxquelles elles peuvent appartenir.  Après cela, c’était la grande mobilisation par rapport aux élections. Avec la solidarité féminine que nous sommes en train de mettre en place, beaucoup d’entre elles ont pu obtenir quelques postes stratégiques. Sur les postes de vice-président, nous avons eu 4 vice-présidentes sur 4 commissions.  Il y a aussi les postes qui passaient inaperçus, c’est par exemple le poste de rapporteur.  Dans toutes les commissions, c’est le président et le rapporteur qui jouent les rôles clés.  C’est la première fois dans l’histoire de la Guinée qu’on avons des femmes à ces postes. Et c’est aussi une femme qui a été élue comme rapporteure générale du CNT.  Ça veut dire que nous avons quelque chose d’important, c’est une première dans l’histoire. Un autre aspect important qu’il faut souligner, c’est le fait que les femmes ont eu au niveau du bureau exécutif une bonne position avec un taux de 43%. Sur les 7 membres de ce bureau, nous avons trois femmes.  Nous avons eu tous ces résultats grâce à notre président (Dr Dansa Kourouma) qui est très sensible au genre.  Il a beaucoup de perspectives en faveur de la promotion et de la protection des femmes.

Au-delà, dans quelle mesure, les femmes guinéennes peuvent-elles se sentir représentées au sein de l’institution CNT ?

Le CNT est l’un des organes de la transition au sein duquel le quota de 30 % est observé. Puisqu’avec l’avènement du CNRD, sous le leadership du colonel Mamadi Doumbouya, nous avons obtenu ce quota officiel de 30% consigné dans la charte de la Transition qui fait office aujourd’hui de constitution.  Mais nous avons l’espoir d’avoir 50%. Nous ne sommes qu’à trois mois, or le président du CNT l’a annoncé, tous les 100 jours, on va avoir des journées portes ouvertes où nous allons décliner et présenter les résultats obtenus. C’est cela l’innovation au CNT. J’en profite pour faire remarquer que le CNT est majoritairement constitué de forces vives.

Dans la suite de vos activités au compte du CNT, quel est l’agenda en rapport avec la promotion des droits des femmes ?

 Nous sommes en train de nous organiser.  Déjà, avec tout ce que j’ai cité au sein des commissions et du bureau exécutif, nous avons réussi à mettre en place un caucus qui est aussi un organe qui va s’occuper des questions des droits des femmes. Le bureau exécutif de ce caucus est déjà mis en place grâce à l’accompagnement du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Nous allons travailler à 100% avec les 25 conseillères et avec l’accompagnement des hommes pour pouvoir faire bouger les lignes.  On espère donc qu’avec la mise en place du caucus et la contribution de tous les conseillers nationaux, les choses seront bientôt en faveur des questions des droits des femmes. Au compte du caucus, nous sommes en train de préparer nos planifications et notre plan annuel de travail, et vous allez voir les résultats que nous allons obtenir.  Parce que nous allons travailler pour que les élections à venir le positionnement des femmes soit revu à la hausse, surtout en ce qui concerne les postes électifs. Ce sera là une façon d’aider celles qui n’ont pas eu la chance d’être au CNT. Une fois qu’elles seront au niveau de ces postes de responsabilité, elles sauront valablement cette mission en faveur de la promotion des droits des femmes.

Récemment, vous avez pris part à la 22ème édition du FORUM DE BAMAKO sous le thème : ‘’Femme, Paix, Sécurité et Développement en Afrique : notre avenir dans la marche du monde’’. Quel message avez-vous délivré à l’occasion et qu’est-ce que les femmes guinéennes peuvent-elles attendre de cette rencontre ? 

Nous sommes membres du Forum de Bamako depuis plusieurs années.  Autrefois, je partais en tant que présidente d’ONG.  Cette année, je suis partie en tant que cheffe de la délégation et en ma qualité de première vice-présidente du CNT. Donc, j’ai eu à passer des messages, notamment dans le cadre d’un panel de haut niveau que nous avons animé autour du thème ‘’Leadership féminin et positionnement politique des femmes’’.  A ce niveau, nous avons donné des idées, nous avons partagé nos expériences et nos perspectives avec ces femmes.  Ce forum nous a permis de cerner les problèmes et préoccupations des femmes. Nous avons eu la chance encore une fois de partager notre expérience. Nous avons aussi beaucoup appris des échanges. Enfin, nous avons formulé des plaidoyers sur le vécu des femmes du nord du Mali. Il s’ensuit que le forum de Bamako est aujourd’hui l’une des grandes plateformes qui réunit les experts, les élites africaines pour passer en revue les questions de développement, de paix et économique.

Propos recueillis par Balla Yombouno

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