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VIH : « Mes enfants ne savent pas que j’ai le sida »

Le fait que les victimes n’en meurent plus forcément et les nombreuses campagnes de sensibilisation n’ont pas fondamentalement changé les choses. La maladie du sida donne toujours lieu à la stigmatisation de ceux et celles qui en souffrent. Et c’est même aujourd’hui le principal défi qu’il convient de relever, car en raison de la peur du regard des autres et du qu’en-dira-t-on, beaucoup de malades s’abstiennent de venir se faire dépister. Conséquence, ils retardent leur prise en charge et leur accompagnement. Mais en réalité, même ceux qui ont connaissance de leur séropositivité et qui sont sous traitement, ne le clament pas toujours. De peur d’être rejetés, abandonnés à leur sort.   

Son statut de séropositive, Mme S. 37 ans, le sait depuis 8 ans.  Mais à date, même ses enfants n’en sont pas informés. Ce risque-là, elle se refuse à le prendre. « Ils savent que je suis souffrante, mais ne savent pas de quelle maladie, je n’ai rien dit. Je ne dis rien, parce que quand tu informes les gens, ils te fuient. S’ils voulaient t’aider, ils ne le feront plus car ils ne se demandent pas comment tu as eu la maladie. Ils vont s’imaginer des choses, alors que la transmission peut se faire même de la mère à l’enfant ». Son mari étant décédé, elle estime qu’elle ne peut pas courir le risque de se brouiller avec ses enfants. Soumise à un traitement, elle prend sur elle de gérer seule sa maladie.

A l’inverse, Mme K, la quarantaine, elle aussi mère de deux enfants, leur a parlé de son statut. Statut dont elle est elle-même informée depuis mai 2007. A l’époque, elle vivait à l’intérieur du pays avec son époux à ses enfants. Les deux avaient profité d’une évacuation sanitaire de la dame à Conakry pour faire un test qui s’est révélé positif pour chacun d’eux. Depuis, ils ont choisi de s’installer dans la capitale et ne pas retourner à l’intérieur et affronter le regard de leur entourage.  « Tous mes enfants savent mon statut, mais pas ma famille, mes parents », confie-t-elle. Plein de reconnaissance à l’endroit de ses enfants, elle ajoute que le regard de ceux-ci et la relation qu’ils entretiennent avec elle n’en ont pas été affectés. « Ils ne m’ont pas embêtée », lache-t-elle. Mais peut-être bien que les choses lui sont facilitées par le fait qu’elle partage son statut avec son époux. D’ailleurs, « c’est lui qui a découvert son statut avant moi ». Précisant qu’elle a attrapé la maladie bien après avoir eu ses deux enfants, elle soupçonne son mari d’avoir apporté la maladie au couple. Mais elle ne lui en fait pas le reproche. « Puisque mon mari partait souvent en mission, peut-être qu’il l’a contractée là-bas. Je ne sais pas comment lui-même l’a eue. Il nous arrive de nous poser la question, mais notre couple tient », assure-t-elle le plus naturellement.

Justement, la délicatesse dont il faut s’entourer pour partager son statut de séropositivité, le Centre Dream en sait quelque chose. Spécialisé dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida et l’accompagnement des patients, le centre installé dans la commune de Dixinn intervient auprès de ceux qui souhaitent partager leur statut avec leurs proches. « Chaque patient à son histoire. Il y en a qui demandent de l’aide pour annoncer la nouvelle à leurs familles ou à leurs partenaires. D’autres ne veulent pas du tout, surtout chez les femmes par peur du divorce, de la stigmatisation », souligne Fatoumata Sylla, coordinatrice du centre.

Pour ceux qui font le choix de divulguer leur statut à leurs proches, le centre a une technique bien rodée : « On invite le partenaire. On fait une simulation de dépistage et quand ça réussit, l’annonce est faite par la personne contaminée à son partenaire. Par contre, avec d’autres personnes, ça ne marche pas. Mais on les conseille toujours de partager leur statut à la famille ».

Mais en amont, ce que le centre recommande surtout, c’est le dépistage collectif. « S’ils ont des petits enfants dans la famille, de les faire venir pour le dépistage, de faire venir le partenaire ou la famille pour le dépistage », conclut Fatoumata Sylla.

Elisabeth Zézé Guilavogui 

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