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Niger : l’option militaire s’impose comme une évidence

L’oncle Sam n’en veut pas, la CEDEAO voudrait ne pas avoir à s’en servir et la junte nigérienne, au-delà de la posture de circonstance, la redoute au plus haut point. Cependant, l’intervention militaire émerge de plus en plus comme une tendance forte dans la résolution de la crise consécutive au coup d’Etat qui a renversé le président Bazoum, le 26 juillet dernier. Parce que d’une part, les dirigeants de la sous-région sont allés trop loin pour pouvoir se rebiffer devant l’autisme dont fait preuve le CNSP. Alors que justement, d’autre part, le général Tiani et ses camarades, sans doute gonflés par le soutien annoncé par les juntes malienne et burkinabè, multiplient les provocations. Dans ce contexte de jusqu’au-boutisme dont font montre tous les camps, les voix des pacifistes et autres partisans de l’approche du dialogue demeurent cruellement inaudibles. C’est cela l’implacable réalité !

La CEDEO inflexible

Certains y avaient davantage vu un coup de bluff. D’autres n’ont cessé d’en parler comme d’une option incertaine. Mais environ un mois après le coup d’Etat perpétré par le général Tiani contre le président Mohamed Bazoum, l’intervention militaire que brandit la CEDEAO demeure toujours d’actualité. Elle est même un peu plus certaine aujourd’hui que quand on en a parlé la toute première fois, le 30 juillet dernier. Bien sûr, les opinions publiques ouest-africaines ne sont pas toutes favorables à cette éventualité. Oui, la classe politique et même les Nigérians ordinaires ne sont pas non plus très d’accord avec la fermeté et l’intransigeance du président Bola Tinubu. Observateurs et spécialistes des questions de défense mettent également en garde contre les risques pouvant découler d’une telle aventure. Notamment des risques d’enlisement de la guerre, de bavures sur les populations et même celui en rapport avec la sécurité et l’intégrité de Mohamed Bazoum. La situation est telle que mêmes les Etats-Unis, perçus dans un premier temps comme un maillon essentiel de cette intervention, ne manifestent qu’un enthousiasme très limité à l’égard de cette option martiale.

Seule la finalité compte

Mais aucune de ces conditions défavorables ne semble dissuader la CEDEAO. Bien sûr, Bola Tinubu, Alassane Ouattara, Macky Sall et les autres martèlent à chaque occasion leur préférence pour une sortie négociée. Mais lors de leur dernier sommet à Abuja, ils ont clairement réaffirmé le maintien d’une éventuelle intervention militaire. Mieux, la dernière réunion des chefs d’état-major tenue à Accra, au Ghana, a même retenu la date précise du démarrage de l’attaque contre la junte nigérienne. Parce qu’avec ce dernier coup d’Etat, la CEDEAO est dos au mur. Elle entend faire du Niger, un cas d’école, une sorte de message en direction de tous ceux qui, dans d’autres pays, caresseraient le rêve de perpétrer un coup d’Etat. Pour cela, elle sait qu’aucun fléchissement n’est possible vis-à-vis du général Tiani et de ses hommes. Si par miracle, une solution négociée venait à émerger entre temps, ce serait bien sûr l’idéal. Mais dans le bras-de-fer avec les auteurs de ce coup d’Etat là, seule finalité compte.

Le général joue le brave

En face, les nouveaux maîtres de Niamey ne font rien pour éviter le scénario du pire. Tout au contraire, le CNSP, jouant sans doute le brave, multiplie les provocations. Certes, le samedi dernier, pour la première fois, une délégation de la CEDEAO a pu rencontrer la junte et rendre visite au président renversé, Mohamed Bazoum. Mais dans la foulée, le général Tiani s’est fendu d’une déclaration télévisée qui semble fermer la porte à tout dialogue. En effet, il annonce déjà de manière unilatérale que la transition sera d’au maximum trois ans. Il engage en outre le gouvernement qu’il a composé à initier un dialogue inclusif, en vue de l’élaboration d’une nouvelle constitution, reflet des aspirations du peuple du Niger. Pour le reste, il promet que le Niger se battra farouchement contre les soldats de la CEDEAO. Franchement, un tel discours et une telle tonalité sont-ils de nature à favoriser le dialogue ? Dans un pays qui n’avait connu aucun soulèvement populaire d’envergure, peut-on renverser un président qui n’en était qu’à son premier mandat et prétendre avoir besoin de trois ans pour revenir à l’ordre constitutionnel ?  Ce n’est pas avec une telle posture qu’on réussira à faire reculer les partisans de l’intervention armée.

Boubacar Sanso Barry   

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