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Drame de Kaloum : L’Etat et son fourre-tout d’humanitaire, à la peine

D’emblée, il paraît nécessaire de rappeler à certaines entités de l’Etat, pourtant orientées vers la protection sociale, mais présentes de manière assez désordonnée sur le terrain, après l’explosion du dépôt de carburant de Kaloum que : « Là où l’humanitaire intervient sur la demande immédiate et urgente dans un rapport direct et bien plus lisible et visible, l’action sociale s’inscrit dans le long terme, à l’aide de relais institutionnels ».  

L’explosion du plus grand dépôt de carburant de la Guinée dans la nuit dimanche 17 au lundi 18 Décembre 2023, en plus de la psychose et la débandade généralisées qu’elle a créées à cause de sa brusque survenue, aura fait également des dégâts matériels considérables, des blessés, dont certains brûlés au troisième degré pour nombre d’entre eux, et plus déplorables, plusieurs morts dont les statistiques semblent augmenter au fil des jours, après le drame. Donc un sinistre aux conséquences humanitaires considérables. D’où la question de comment y faire face, avec quel dispositif humanitaire se pose avec acuité ?

Ainsi face à ce gigantesque et destructeur incendie, une solidarité spontanée de la laborieuse population de Conakry dès les premières lueurs de la matinée du lundi, lendemain du début de ce déluge de feu, s’est naturellement mise en place. Une chaîne de solidarité des petites mains, de gens qui n’ont pas regardé la portée de leurs bourses, avant de trouver de l’eau minérale, du pain, de la sardine, des sacs de riz, du sucre, du lait, des boîtes à conserve etc, pour les acheminer vers l’esplanade de la mosquée Fayçal, au bénéfice des sinistrés. Ceci ne surprend guère quand on connaît le sens de la charité et l’humanisme du guinéen.

En revanche, l’Etat, le veilleur en chef au bien être des citoyen, censé prévoir les mécanismes d’aides humanitaires quand ses citoyens se retrouvent dans une situation de vulnérabilité extrême, semble toujours devancé par les citoyens eux-mêmes.

Le Service National d’Action Humanitaire (SENAT) qui était le service de l’Etat chargé de la conception, la coordination et la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière d’action humanitaire jusqu’au coup d’Etat du 05 septembre 2021 n’existe plus. Sur ses cendres, le CNRD a créé l’Agence Nationale de Gestion des Urgences et Catastrophes Humanitaires (ANGUCH). Cette agence à part sa dénomination qui change, joue in extenso le rôle de l’ancien SENAT. Mais le défaut congénital même de cette nouvelle agence reste le manque de moyens financiers à sa disposition pour faire face à la survenue brusque des chocs aux conséquences humanitaires considérables.

Alors que la subvention allouée au SENAT en son temps était de 35 milliards de francs guinéens par an, un peu plus de 3.500.000$.  L’ANGUCH elle, créée par les refondateurs n’est dotée que de 5 milliards de francs guinéens comme subvention, un peu plus de 500.000$.

Pourtant le président de la transition, dans son adresse à la nation, à l’occasion de la célébration du 02 octobre 2023, fête nationale de l’indépendance, et lors de son discours à la tribune des Nations Unies, a affirmé que le social trônait à la tête de ses priorités. Quelles réponses d’urgence ce type d’agence peut apporter aux victimes d’un drame de la taille de l’exposition du dépôt pétrolier de Kaloum, sans son propre stock d’aliment de premières nécessités pour l’assistance alimentaire, sans suffisamment d’argent pour l’assistance matérielle, encore moins endosser financièrement les assistances techniques et médicales.

Quant au rôle de coordination de l’action humanitaire proprement dit, si l’ANGUCH a besoin de l’assistance de partenaires de tous ordres en pareilles circonstances, l’intrusion désordonnée et disharmonieux de certaines entités comme le FDSIle Gouvernorat, la CNPS et autres, ne rend pas son travail de coordination efficace pour l’état des lieux au quotidien et le suivi des actions. La manière dont les bénévoles et les donateurs anonymes ont été maladroitement chassés du dispositif humanitaire en dit long. Alors que les premières assistances multiformes sont venues de ceux-là avant même ces structures de l’Etat.

S’il est donc vrai que le charcutage de la subvention de cette entité a été une initiative de la primature sous Dr Bernard Goumou, ce dernier devrait, au vu de ce qui s’offre à nous aujourd’hui, tirer les conséquences de la faible capacité de l’ANGUCH à faire face à des drames humanitaires d’une certaine envergure.

Mamadou Oury Diallo

www.guineeactusociale.com

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