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Ministères à gogo : Dr Zotomou alerte sur les conséquences pour l’État

La récente augmentation du nombre de ministères, décidée par le président de la Transition à travers un décret lu à la télévision nationale ce lundi 30 juin 2025, suscite de nombreuses réactions, notamment sur les réseaux sociaux. Contacté ce mardi 1er juillet par notre rédaction, l’homme politique Dr Édouard Zotomou, vice-président de l’ANAD, a vivement critiqué cette décision, qu’il juge contre-productive et budgétivore.

Cinq ministères ont été éclatés pour créer dix entités distinctes :

  • L’Agriculture et l’Élevage sont désormais gérés séparément.
  • L’Énergie est dissociée de l’Hydraulique et des Hydrocarbures.
  • Le Commerce est séparé de l’Industrie et des PME.
  • La Jeunesse et les Sports forment désormais deux ministères distincts.
  • La Culture et l’Artisanat sont regroupés d’un côté, tandis que le Tourisme et l’Hôtellerie forment un autre ministère.

Cette restructuration vise, selon les autorités, à améliorer la gouvernance sectorielle.

Selon Dr Édouard Zotomou, vice-président de l’ANAD, cette décision est tout sauf bonne. « Vous savez, en Guinée, on pense toujours que l’efficacité vient avec des chiffres pléthoriques. Déjà, nous estimons que le nombre actuel de ministères est exagéré. L’augmentation annoncée n’est absolument pas nécessaire », a-t-il déclaré.

Selon lui, ce choix ne contribuera nullement à améliorer la gouvernance, bien au contraire.

« L’efficacité ne réside pas dans la multiplication des portefeuilles, mais dans l’application rigoureuse de critères de sélection. Tant que le népotisme et le clientélisme domineront, ces ministères ne seront que des sources supplémentaires de dépenses budgétaires. C’est une mauvaise direction, il n’y a même pas de débat là-dessus », tranche-t-il.

Évoquant les impacts de cette décision, Dr Zotomou alerte sur les risques à la fois économiques et politiques.

« Les conséquences politiques sont énormes. On va encore s’appuyer sur les ressources limitées de l’État, déjà affectées par la lourdeur de notre administration. Cela freine l’innovation et aggrave la contre-performance. Ce n’est pas en multipliant les ministères qu’on améliore la gouvernance, mais en s’appuyant sur la qualité des cadres », soutient-il.

Par ailleurs, le vice-président de l’ANAD a formulé quelques recommandations à l’endroit des autorités de la Transition.

« Il aurait fallu au contraire réduire le nombre de ministères, en fusionner certains, et confier leur gestion à des techniciens compétents et engagés. C’est à ce prix que nous sortirons de cette léthargie. Il en va de l’avenir de l’État, et parfois même de la sécurité nationale », a-t-il conclu.

Aminata Camara

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