À Siguiri, l’inquiétude grandit autour de l’usage croissant des machines « poclins » dans les mines artisanales. Ce dimanche 23 novembre 2025, lors d’un entretien accordé à des journalistes, le doyen et ancien député uninominal de la préfecture, l’honorable Sékou Savané, a vivement dénoncé cette pratique ainsi que le rôle de certains opérateurs chinois dans l’exploitation aurifère locale.
Selon lui, l’avenir de la préfecture est gravement menacé si aucune mesure n’est prise. « Nous serons tous insultés un jour par nos enfants si on n’arrête pas le travail des machines poclins dans nos mines artisanales », a-t-il averti, exprimant sa profonde préoccupation face à la destruction progressive de l’environnement.

Rappelant l’histoire de l’exploitation artisanale de l’or, l’honorable Sékou Savané souligne que cette « nouvelle manière » est récente. « Depuis au temps des blancs l’exploitation minière artisanale existait, mais ce n’était pas à cette manière. Le travail dans les mines commençait le 5 février et se terminait le 25 mai pour aller dans les champs. En ce moment, il n’y avait pas de machines poclins et on ne coupait pas d’arbres pour mettre dans les puits », explique-t-il.
Aujourd’hui, dit-il, la situation a radicalement changé : l’usage massif de ces engins lourds et la coupe abusive des arbres ont des conséquences dramatiques. « Ce sont ces machines poclins qui vont détruire notre préfecture… Nos rivières et marigots n’existent plus, nos fleuves sont pollués et tendent vers la disparition », déplore l’ancien député. Il accuse également certains opérateurs chinois d’accentuer cette destruction.


Face à ce qu’il qualifie de menace majeure, Sékou Savané appelle à une mobilisation générale. « Si nous restons les bras croisés à regarder les Chinois et leurs machines poclins détruire chez nous, nous allons tous regretter », prévient-il. Il invite les imams, les doyens, les présidents de district et « tous les bons Siguirakas » à s’impliquer pour stopper cette pratique avant qu’il ne soit trop tard.
Ibrahima Camara, depuis Siguiri


