L’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, a comparu une nouvelle fois ce lundi 23 février 2026 devant la Cour de Répression des Infractions Economiques et Financières (CRIEF). Les débats ont essentiellement porté sur l’utilisation des ressources financières de l’institution qu’il dirigeait, la révision du contrat de bail du siège et la constitution de son patrimoine immobilier.
À la barre, l’ancien haut magistrat a rappelé que la Cour constitutionnelle bénéficiait d’un budget annuel de 20 milliards de francs guinéens, tel qu’adopté par l’Assemblée nationale de l’époque. Selon ses explications, 11 milliards GNF étaient affectés au paiement du loyer du bâtiment abritant l’institution.
Il a par ailleurs indiqué que la Cour percevait une subvention trimestrielle de 1 milliard 200 millions GNF, soit 4 milliards 800 millions par an. Ces fonds, a-t-il précisé, étaient administrés par un comité de trésorerie dirigé par le vice-président, avec la participation de deux conseillers et du Directeur administratif et financier. Les montants servaient notamment au paiement des primes, aux frais de transport, aux charges de logement, aux dépenses de santé ainsi qu’aux consommables du personnel.
La question du contrat de bail, passé de 8 à 11 milliards de francs guinéens, a suscité de nombreuses interrogations. Mohamed Lamine Bangoura a expliqué que l’installation de la Cour en 2015 s’était faite dans l’urgence. L’immeuble mis à disposition aurait ensuite fait l’objet de travaux de rénovation, entraînant une révision du montant du bail.
Il a affirmé que le document avait été examiné par les services compétents pendant près d’un mois, y compris en comparaison avec celui d’une autre institution partageant le bâtiment. « Après l’étude technique, on m’a assuré que le contrat était conforme. J’ai signé », a-t-il déclaré, soutenant avoir agi de bonne foi.
Concernant les accusations d’enrichissement illicite, le prévenu les a catégoriquement rejetées. Il a détaillé ses revenus, affirmant percevoir un salaire mensuel de 75 millions de francs guinéens, assorti d’un fonds d’accompagnement de 20 millions GNF accordé par l’ancien président Alpha Condé. À ces montants s’ajoutaient son salaire d’enseignant-chercheur ainsi que des honoraires issus d’activités de consultation.
Il a également évoqué la vente d’un immeuble familial situé à Paris, hérité de son père, sans toutefois en préciser la valeur.
Mohamed Lamine Bangoura a reconnu être propriétaire de deux immeubles R+1 à Nongo, d’une villa à Wonkifong (Coyah) et d’un immeuble R+3 à Dakar. Ce dernier aurait été acquis, selon lui, pour 300 millions de francs CFA grâce à un prêt bancaire contracté auprès d’Afriland Bank.
Ce montant est cependant contesté par un notaire impliqué dans la procédure, qui avance la somme de 444 millions de francs CFA. L’ancien président a réfuté ces affirmations, accusant le notaire d’irrégularités dans la gestion des fonds liés à la transaction.
L’affaire a été renvoyée au 2 mars pour la suite des débats et la comparution des autres prévenus. Ils sont quatre au total dans ce dossier, mais pour l’instant, seul Mohamed Lamine Bangoura fait face aux juges, les trois autres étant en fuite.
Siby


