Face à la montée inquiétante des dérives verbales sur les réseaux sociaux, le Président Mamadi Doumbouya, est sorti de sa réserve. Dans une publication sur sa page Facebook, le chef de l’État appelle à un sursaut de responsabilité et à la préservation du vivre-ensemble, dans un contexte marqué par des échanges de plus en plus virulents entre acteurs publics et figures du web.
En préambule, le président a tenu à saluer l’engagement de la jeunesse guinéenne ainsi que le rôle des journalistes, blogueurs et créateurs de contenus dans l’animation du débat public, pilier d’une gouvernance participative. Mais ce satisfecit ne masque pas une réalité de plus en plus préoccupante.
Car derrière cette vitalité numérique, les dérapages se multiplient. Les récentes sorties de certaines personnalités, notamment la chanteuse Yama Sega et la communicante Maya Kaba, ont illustré un climat délétère où insultes, accusations et propos dégradants prennent le pas sur le débat d’idées. Une dérive qui interroge sur les limites de la liberté d’expression dans l’espace public numérique.
Dans ce contexte, le locataire du Palais Mohammed V insiste sur un nécessaire retour aux fondamentaux :
« Cependant, je souhaite rappeler avec responsabilité et gravité que la liberté d’expression, à laquelle nous sommes profondément attachés, s’accompagne d’un devoir : celui du respect de l’autre, de la vérité et de notre cohésion nationale ».
Un message qui sonne comme un avertissement, au moment où les invectives deviennent monnaie courante. Le chef de l’État enfonce le clou.
« Les propos injurieux, les discours de haine et les divisions ne sauraient constituer une voie pour bâtir la Guinée que nous appelons tous de nos vœux. Notre force réside dans notre unité, notre capacité à dialoguer et à construire ensemble, dans le respect mutuel », a-t-il insisté.
Cet appel intervient alors même que plusieurs internautes s’interrogent sur l’absence de suites judiciaires face à la gravité de certains propos diffusés en ligne. À ce stade, ni Yama Sega ni Maya Kaba n’ont été inculpées pour une quelconque infraction, malgré l’ampleur des réactions suscitées par leurs échanges.
Le président Doumbouya invite ainsi les citoyens à faire des réseaux sociaux un levier de développement, plutôt qu’un terrain de règlement de comptes.
« Je lance un appel au sens élevé de responsabilité de chacune et de chacun : faisons des réseaux sociaux un espace de contribution positive, d’idées constructives et d’engagement au service du développement de notre pays. L’avenir de la Guinée ne se construira ni dans l’invective, ni dans la division, mais dans le travail, la solidarité et la recherche constante du bien-être de nos populations », a-t-il indiqué.
Si le ton se veut ferme, il reste pour l’heure sans traduction judiciaire concrète. Une situation qui laisse planer une question centrale : jusqu’où iront ces dérives avant une réponse plus dissuasive des autorités ?
Balla Yombouno




