Dans le cadre de la célébration de la Journée de l’Europe, la Délégation de l’Union européenne en Guinée a organisé, le jeudi 21 mai 2026, un évènement culturel et académique à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO) de Conakry. Placé sous le thème « La paix, un héritage partagé entre l’Union européenne et la Guinée », cet évènement a réuni diplomates, universitaires, représentants de la société civile et étudiants autour d’une conviction partagée : la paix se construit, se transmet et s’hérite.
La cérémonie officielle a été marquée par les allocutions du père Paul Tamba Kamano, secrétaire général de l’UCAO, et de S.E.M. Xavier Sticker, Ambassadeur, Chef de la Délégation de l’Union européenne en Guinée. Ce dernier était accompagné de S.E.M. Olivier Quinaux, Ambassadeur du Royaume de Belgique en Guinée, dont la présence a incarné l’esprit Équipe Europe qui unit les États membres et les institutions de l’UE dans une démarche commune. La journée a également été animée par des prestations artistiques remarquées — slam, sketch humoristique, musique et danse traditionnelle guinéenne — qui ont donné à la rencontre une atmosphère chaleureuse et engagée.

Le cœur de l’évènement a été une table-ronde réunissant quatre intervenants aux profils complémentaires, dont les témoignages ont retracé le chemin de la paix des institutions jusqu’aux communautés.
S.E.M. Xavier Sticker a rappelé que la paix demeure une conquête fragile, fruit d’un choix politique délibéré. « La période de paix la plus longue de l’histoire européenne, de 1945 à l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, est le résultat d’un choix : celui de mettre en commun les ressources et de créer des solidarités entre les peuples — c’est l’héritage de la Déclaration Schuman du 9 mai 1950 », a-t-il expliqué. Il a établi un parallèle entre ce choix européen et le « Non » historique de la Guinée du 28 septembre 1958 à l’ordre colonial, qu’il a qualifié de « oui à la liberté », soulignant la profondeur d’un partenariat UE-Guinée noué depuis 1975. Il a invité le monde académique à rester ancré dans les réalités humaines : « Nous ne pouvons pas ignorer les conflits, les divisions et les passions qui se jouent au niveau humain. La paix est un travail commun, ici-bas. »
Dr Raymond-Marie Augustin Gnimassou, Directeur des affaires académiques et pédagogiques de l’UCAO, a défendu une vision de l’université comme espace de paix vécu au quotidien, et non comme simple lieu d’enseignement théorique. S’adressant directement aux étudiants présents, il les a exhortés à se considérer comme les premiers artisans de cet héritage : « Vous, les jeunes ici présents, apprenez chaque jour à coexister, à débattre et à construire ensemble — c’est déjà faire la paix. »
Urbain Kiswend-Sida Yameogo, chef de projet LangniFan et point focal Accès à la justice chez Terre des hommes — ONG internationale partenaire de mise en œuvre du projet financé par l’UE —, a présenté LangniFan, dont le nom signifie « la paix est bonne » en langue Soussou. Il a décrit comment ce projet traduit les valeurs européennes en actions concrètes sur le terrain : médiation communautaire, accès à la justice et résolution non violente des conflits dans des zones de vulnérabilité. « LangniFan n’est pas un projet sur la paix — c’est un projet qui fait la paix », a-t-il affirmé.

Sâa Manda Leno, Directeur exécutif de Mon Enfant, Ma Vie (MEMIVA), ONG guinéenne partenaire locale de Terre des hommes et bénéficiaire directe du projet, a porté la voix du terrain. Il a décrit des changements concrets observés dans les communautés d’intervention : réduction des violences, renforcement de la confiance envers les mécanismes locaux de justice et transformation progressive des comportements chez les jeunes. Avec franchise, il a également rappelé que la paix durable exige une continuité des financements et un ancrage réel dans les structures communautaires existantes.
La journée s’est clôturée dans une atmosphère de cohésion et d’enthousiasme. Entre les débats de la table-ronde, les prestations artistiques et les échanges informels autour du cocktail de clôture, la Journée de l’Europe 2026 a démontré que la paix, pour être vivante, doit aussi se chanter, se danser et se dire. La Délégation de l’Union européenne a réaffirmé sa volonté de poursuivre et d’approfondir ce partenariat avec l’UCAO et l’ensemble des acteurs guinéens engagés pour la paix et le développement humain.
Thierno Amadou Diallo




