Dans le cadre de la lutte contre la consommation et la circulation des produits prohibés en Guinée, les services spéciaux chargés de la lutte contre le crime organisé ont présenté, ce jeudi 21 mai 2026, quatre individus présumés impliqués dans un trafic de tramadol surdosé et de diazépam. La présentation s’est tenue sous l’autorité de la Direction centrale de lutte contre le crime organisé.
Selon les autorités, les suspects ont été interpellés en flagrant délit le mardi 19 mai 2026 au marché de Madina, alors qu’ils étaient en possession d’une importante quantité de médicaments prohibés. Les produits saisis comprennent notamment des comprimés de tramadol dosés à 250 mg et 225 mg, ainsi que plusieurs boîtes de diazépam.

Face à la presse, le Commissaire principal de police à la Direction centrale de lutte contre le crime organisé, Foromo Soropogui, a expliqué les circonstances de cette opération.
« Nous vous présentons aujourd’hui quatre individus présumés trafiquants de tramadol surdosé à 250 mg pour certains et 225 mg pour d’autres, ainsi que des boîtes de diazépam. Ils ont été interpellés en possession de 9 200 comprimés ainsi qu’une somme de 46 millions de francs guinéens représentant les recettes issues de la vente de ces produits prohibés », a-t-il déclaré.
Les interpellés sont identifiés comme étant Kourouma Aboubacar, Kamissoko Mohamed Moussa, Adama Kourouma et Ousmane Chérif.
Dans sa communication, le commissaire principal a rappelé que le tramadol, bien qu’utilisé comme antidouleur dans le cadre médical, devient une substance dangereuse lorsqu’il est consommé hors prescription.

« Ces médicaments, bien qu’ils soient des antidouleurs de palier 2 pour le tramadol et des relaxants et tranquillisants pour le diazépam, sont prescrits aux patients sous contrôle médical en raison de leur toxicité. Surtout pour le tramadol, des effets de surdose souvent fatals peuvent survenir dès lors que certaines doses incontrôlées entraînent des battements de cœur très rapprochés, des crises pouvant se solder par un arrêt cardio-respiratoire. Retenons que ces médicaments, dès lors qu’ils sortent du circuit normal de circulation ou de distribution, sont considérés comme de faux médicaments. Mais dès lors qu’ils sont pris en dehors des prescriptions médicales, ils sont considérés comme des drogues », a-t-il fait savoir, avant de poursuivre en ces termes :
« Ces présumés trafiquants interpellés vont non seulement répondre conformément aux dispositions de la loi L/024/2018/CAP du 20 juin 2018 relative à la réglementation du secteur pharmaceutique, mais également conformément aux dispositions de notre Code pénal du fait de la nature opioïde de ces substances, parce qu’elles proviennent de l’opium. Ce sont des opiacés, donc c’est de la drogue. La loi admet leur consommation uniquement lorsqu’elles sont utilisées dans le cadre du traitement médical. Mais dès lors que ce cadre n’est pas respecté, leur consommation est considérée comme consommation de drogue. Les personnes seront donc traduites devant le tribunal pour répondre de leurs actes. »


Interrogé devant les médias, l’un des présumés trafiquants, Adama Kourouma, a reconnu les faits tout en tentant de justifier son implication. Se présentant comme vendeur d’habits, il affirme avoir été poussé vers ce commerce illégal par des difficultés économiques.
« J’ai perdu mon travail et quelqu’un m’a conseillé de vendre ces produits parce que c’était rentable. Je voulais subvenir aux besoins de ma famille. Ce n’est pas mon habitude de vendre ces médicaments et je ne suis pas un criminel », a-t-il déclaré.
Aminata Camara




