Même si certains axes de Conakry et de l’intérieur du pays offrent désormais une certaine satisfaction aux usagers, plusieurs chantiers routiers non achevés viennent ternir cette avancée. À l’approche de la saison des pluies, le retard dans l’exécution des travaux inquiète de nombreux habitants, notamment dans plusieurs quartiers de la capitale. Une situation qui alimente la colère des citoyens contre l’Agence de gestion des routes (AGEROUTE).
Le constat est alarmant sur le tronçon Cimenterie–T8. Sur place, les ouvriers auraient quitté le chantier en laissant derrière eux une portion de route inachevée. Un véritable « angle mort » qui complique fortement la circulation et met les véhicules à rude épreuve.
Mamadou Saliou Bah, chauffeur de taxi sur cet axe, ne cache pas son indignation : « Cette partie est devenue presque impraticable. La dernière fois, mon pneu s’est percé ici à cause de l’état de la route. C’était vraiment malheureux parce qu’ils ont travaillé la route sans finaliser la petite portion qui pose aujourd’hui problème. Pourtant, c’est cette partie qui nous fatigue le plus. Il y a énormément de risques d’accidents ici. Si rien n’est fait rapidement, tout ce qui arrivera sur cette route engagera leur responsabilité ».

Dans cette zone, les conducteurs de motos slaloment entre les trous tandis que les piétons empruntent des abords glissants et difficiles d’accès. Les risques d’accidents sont importants.
« Cette partie de la route est très dangereuse. À tout moment, il y a des accidents ici. Même mon père est tombé à cet endroit parce que la chaussée est devenue glissante et difficile à pratiquer. Nous demandons aux autorités de réagir avant qu’un drame plus grave ne se produise », alerte Mamadou Adama Baldé, habitant du quartier.
La situation n’est guère meilleure à quelques kilomètres de là, notamment à Cosa Camp Carrefour. Sur la route longeant les rails, des tas de terre rouge s’accumulent devant les habitations tandis que des fossés à ciel ouvert compliquent l’accès aux commerces.
Entamés depuis plusieurs mois, les travaux de reconstruction avanceraient au ralenti, plongeant les riverains dans de grandes difficultés et freinant les activités économiques locales.
Fatoumata Camara, mère de famille vivant à Cosa Camp Carrefour, témoigne : « Nous souffrons énormément ici. Les travaux n’avancent presque pas. Ils travaillent pendant deux ou trois jours seulement, puis ils arrêtent pendant des semaines, parfois même des mois sans revenir sur le chantier. Pourtant, nous subissons cela tous les jours. Au-delà de la poussière qui envahit nos maisons, le prix du transport a considérablement augmenté. Là où on payait 3 000 ou 5 000 francs guinéens, aujourd’hui certains chauffeurs demandent 10 000 francs ou plus. Nous demandons simplement que ces travaux soient enfin terminés ».
Ce ras-le-bol des citoyens s’intensifie davantage avec les premières alertes liées aux fortes pluies. L’inquiétude grandit chez les usagers, qui redoutent que les intempéries ne transforment ces chantiers ouverts en véritables bourbiers impraticables, paralysant ainsi plusieurs zones de Conakry et de l’intérieur du pays.

Pourtant, les autorités continuent de communiquer sur la modernisation du réseau routier national. Dans ses différentes annonces officielles, l’AGEROUTE met en avant plusieurs centaines de kilomètres de routes en cours de réalisation ainsi que de nombreux projets structurants. Mais sur le terrain, la réalité décrite par les citoyens semble bien différente.
L’absence de communication claire sur l’état d’avancement des travaux ne fait qu’accentuer la frustration des populations. En attendant une accélération effective des chantiers, de nombreux usagers craignent que l’arrivée imminente des pluies continues n’aggrave davantage leurs difficultés quotidiennes.
Thierno Amadou Diallo




