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Relaxe prononcée, mais liberté refusée au Dr Ibrahima Kourouma

Alors que la justice l’a déclaré non coupable, le Docteur Ibrahima Kourouma demeure derrière les barreaux. Dans un communiqué rendu public ce 17 février 2026, le Collectif de ses avocats dénonce une situation « grave » et appelle les autorités à faire respecter immédiatement la décision de justice.

Par arrêt n°001 du 17 février 2026, la Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a infirmé le jugement n°0011 du 15 mai 2025 et déclaré le Docteur Ibrahima Kourouma non coupable des faits de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite. La juridiction a ordonné sa relaxe pure et simple.

Pour ses avocats, cette décision consacre « la primauté du droit, la présomption d’innocence et l’exigence de la preuve en matière pénale ». Après quatre années de détention, l’arrêt apparaît comme un tournant majeur dans ce dossier à forte résonance nationale.

Mais la scène qui devait marquer la fin d’un long feuilleton judiciaire a viré à l’incompréhension. Selon le Collectif, alors que la famille et les conseils du médecin s’apprêtaient à le raccompagner à son domicile, ce dernier a été réincarcéré à la Maison centrale de Conakry.

Une situation que les avocats qualifient d’« atteinte grave à la liberté individuelle » et de « violation manifeste des dispositions légales en vigueur ».

Ils s’appuient notamment sur l’article 160, alinéa 2, de la loi organique L/2025/037/CNT du 21 novembre 2025 portant attributions, organisation et fonctionnement de la Cour suprême, qui stipule clairement que tout prévenu acquitté ou absous doit être immédiatement mis en liberté, nonobstant tout pourvoi.

« La loi est claire », martèle le Collectif, estimant qu’aucune formalité ne peut retarder l’exécution d’un arrêt de relaxe.

Face à cette situation, les avocats interpellent  le Ministre de la justice et des Droits de l’Homme afin qu’il exerce « pleinement sa mission de garant de la protection des libertés fondamentales ».

Ils dénoncent :

  • une atteinte directe au droit à la liberté et à la sûreté ;
  • une entorse grave aux engagements internationaux de la République de Guinée en matière de droits humains.

Le Collectif exige l’exécution « immédiate et sans condition » de l’arrêt rendu et se réserve le droit d’engager toutes voies de droit appropriées pour faire cesser ce qu’il considère comme une illégalité.

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