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Décision de la CAF : autopsie d’un rejet quasi unanime

Le tollé est général et l’incompréhension presque unanime. La décision du jury d’appel de la CAF de retirer au Sénégal la victoire de la dernière CAN pour la réattribuer ensuite au Maroc ne passe pas. Partout, elle suscite indignation, colère et un sentiment de sidération. Tour à tour assimilée à un scandale et à une farce, elle est décrite comme susceptible de jeter l’opprobre et le discrédit sur le football africain et ceux qui en ont la charge. Mais justement, pourquoi un rejet aussi massif ? Comment se fait-il qu’elle suscite une certaine gêne, y compris chez ceux qui en sont bénéficiaires ? Trois facteurs permettent d’éclairer cette indignation qui dépasse les frontières du continent africain et même le cercle des férus de football.

Un timing déroutant et déstabilisant

Le premier facteur qui émerge de toutes les protestations entendues depuis mardi soir, c’est le délai de deux mois écoulés entre la finale problématique du 18 janvier et ce 17 mars, date à laquelle la décision du jury d’appel est tombée comme un couperet.

Très exactement 58 jours durant lesquels rien n’est venu préparer à un tel séisme. Aucun signe avant-coureur. Certes, certains avaient exprimé leur frustration après les sanctions de la commission de discipline de la CAF à la suite des incidents ayant émaillé la finale. Mais, malgré les réserves, cette décision avait été perçue comme une forme d’épilogue à une CAN 2025 mal conclue.

D’autant qu’entre-temps, la délégation sénégalaise était rentrée avec le trophée, avait célébré sa victoire avec ses supporters et reçu les honneurs des autorités nationales. Dans les esprits, l’affaire était close, malgré ses imperfections.

Dans ce contexte, la décision du jury d’appel apparaît d’autant plus brutale qu’elle était inattendue. Surtout qu’à ce niveau de compétition, un tel précédent est inexistant. Si elle avait été annoncée une semaine après la finale, dans un climat encore marqué par la controverse, l’effet de sidération aurait sans doute été moindre.

Une interprétation contestée des faits

Le deuxième élément d’incompréhension tient à l’interprétation et à la qualification des faits reprochés à l’équipe sénégalaise. Certes, nul ne conteste que Pape Thiaw et certains de ses joueurs ont quitté la pelouse et menacé de ne pas revenir. Mais, en définitive, ils sont revenus, et la rencontre, bien que perturbée, est allée à son terme.

Il convient de rappeler que l’arbitre disposait de la latitude nécessaire pour constater un abandon de match et attribuer la victoire au Maroc. Il ne l’a pas fait. Au contraire, il a sanctionné les écarts par des cartons et ordonné la reprise du jeu. De facto, l’incident était clos à ses yeux.

On peut même penser que si Brahim Diaz avait transformé son penalty, la question ne se poserait plus aujourd’hui. Dès lors, peut-on réellement parler d’abandon de match ? La matérialité même de l’infraction reste sujette à débat. Et qui dit débat, dit doute.

Une CAF minée par la défiance

Enfin, ce rejet s’inscrit dans un contexte plus large de méfiance et de suspicion à l’égard de la CAF. Entre les rumeurs de mauvaise gestion, les soupçons d’inféodation à la FIFA et les critiques dénonçant une primauté croissante des intérêts financiers sur les considérations sportives, l’institution panafricaine traverse une crise de crédibilité.

Aux yeux de l’opinion publique, notamment celle de la jeunesse africaine, la CAF n’inspire plus pleinement confiance. Dès lors, chaque décision controversée est perçue à travers le prisme du soupçon. Derrière l’acte, beaucoup croient discerner une influence extérieure : celle de Gianni Infantino ou celle d’intérêts financiers occultes.

Au-delà de la décision elle-même, c’est donc une crise de confiance plus profonde qui se révèle. Une crise qui interroge la gouvernance du football africain et la crédibilité de ses instances. Et à ce stade, la CAF n’a pas seulement pris une décision contestée. Elle a, peut-être, fragilisé un peu plus le lien déjà précaire qui la relie aux opinions publiques africaines.

Boubacar Sanso Barry

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