La Guinée, à travers le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, a lancé, dans la soirée du samedi 6 juin, la deuxième édition du Festival international du Djembé et des Percussions de Guinée (FID 2026), prévue du 8 au 13 décembre prochain à Conakry.
La cérémonie, organisée au Centre culturel franco-guinéen (CCFG), a réuni autorités, acteurs culturels, artistes et partenaires autour d’une ambition commune : faire de la Guinée la capitale mondiale des rythmes et des percussions.
Le lancement de cette deuxième édition a également été marqué par des prestations artistiques mettant à l’honneur plusieurs figures emblématiques de la percussion guinéenne, notamment les doyens Fatou Abou Camara, 73 ans, et Famoudou Konaté, 83 ans, ainsi que l’artiste-chanteur Ba Cissoko, les Ballets Djoliba et le groupe Sabou Gnouma. À travers quelques rythmes de djembé, ces artistes ont rappelé la richesse d’un patrimoine musical qui fait la renommée de la Guinée à travers le monde.

Ouvrant la série des discours, Miryam Sylla, cheffe de projet de Circus Baobab chargée de la mise en œuvre du festival, a souligné l’importance de cette relance pour le rayonnement culturel du pays. Elle en a également profité pour saluer l’engagement du ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, ainsi que l’appui des partenaires nationaux et internationaux mobilisés autour du projet.
Prenant la parole au nom du comité international d’experts, Ousmane Boudaouné a insisté sur la portée diplomatique et culturelle du festival. Selon lui, le FID constitue la preuve du retour de la Guinée sur la scène culturelle internationale. Il a rappelé l’influence historique exercée par les artistes et ensembles guinéens à travers l’Afrique et le monde, citant notamment Fodéba Keïta, les Ballets Africains et les grands maîtres percussionnistes qui ont contribué à façonner l’identité culturelle du continent.
Pour cette deuxième édition, plusieurs innovations majeures sont annoncées. Le quartier de Matam, considéré comme l’un des berceaux du djembé, sera au cœur du dispositif avec l’installation d’un village du festival, d’espaces de formation, d’ateliers de fabrication d’instruments, de spectacles, de concerts et de rencontres professionnelles.
Pour les organisateurs, l’objectif est de faire de Conakry, et particulièrement de Matam, le centre névralgique des percussions africaines durant une semaine.

Pour le ministre Moussa Moïse Sylla, cette nouvelle édition s’inscrit dans une dynamique de renaissance culturelle. Revenant sur l’histoire du festival, il a rappelé que la première édition avait été organisée en 1999 avant sa relance en 2024.
« Si nous avions poursuivi cette dynamique, la Guinée serait aujourd’hui la capitale mondiale des rythmes et des percussions. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire », a-t-il déclaré.
Par la même occasion, le ministre a affirmé que le Festival International du Djembé et des Percussions constitue un outil stratégique pour structurer l’écosystème culturel guinéen, valoriser les maîtres percussionnistes et créer des opportunités économiques autour des industries culturelles et créatives. Selon lui, la Guinée dispose d’atouts uniques, avec des générations de djembéfolas et de musiciens qui ont exporté leur savoir-faire sur tous les continents.
À travers cette édition 2026, les organisateurs entendent rassembler à Conakry les « enfants du djembé » venus du monde entier, promouvoir la transmission des savoirs, préserver la mémoire des grands maîtres et renforcer l’attractivité touristique du pays. Pendant six jours, la capitale guinéenne vibrera au rythme des concerts, des ateliers, des conférences, des expositions et des rencontres interculturelles.
Balla Yombouno




