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[TRIBUNE]: L’éducation, l’ultime solution au mal guinéen

Il y a quelques jours, ce même lecteur nous prodiguait d’utiles conseils pour la construction de la Nation Guinée. Un chantier dont il disait d’ailleurs qu’il est plus louable que la nouvelle constitution que la Cour constitutionnelle vient de valider. Cette fois, au menu de sa réflexion, l’éducation. Et pour lui, ce concept ne renvoie pas qu’à l’attribution mécanique de diplômes ou à l’apprentissage de la science et de la technique. L’éducation qu’il appelle de ses vœux et qu’il exige des autorités qu’elles mettent en place, c’est celle surtout qui permettra d’avoir un nouveau type de Guinéen. Un Guinéen qui, à la place de la haine de l’autre, éprouvera de l’amour pour lui. Un Guinéen plus serein, plus tolérant et qui soit plus porté vers le respect des règles de conduite que la communauté nationale aura adoptées.

La Guinée a besoin d’une société éduquée, civilisée, une jeunesse consciente, courageuse et dynamique. Mais cela ne pourrait être possible qu’avec un système éducatif performant avec des objectifs à court et à long terme clairement définis.

Aujourd’hui, l’indiscipline et l’insolence règnent en maître absolu dans notre société. Dans la circulation et nos marchés notamment. En Guinée, rares sont souriants et quelques-uns seulement sont tolérants et consentent à utiliser les règles de bonne conduite. L’on se distingue davantage par des insanités, des paroles et des actions inconvenantes. Ceux qui ne s’adonnent pas à cela sont considérés par certains comme des personnes faibles, frileux et manquant de courage.

 Il nous faut une société nouvelle, un autre mode de vie.

Une société où la haine et le visage crispé laisseront la place à l’amour du prochain et du sourire aux lèvres.

Mais pour cela, l’éducation nationale a son rôle à jouer, un rôle fondamental. Car le savoir-vivre ne saurait s’apprendre comme une leçon qu’un enfant récite machinalement, le bon comportement des citoyens dans la société doit être une préoccupation majeure de l’Etat.

Les hommes naissent tous à peu près avec les mêmes penchants ; l’éducation seule fait la différence de nos vertus et de nos talents. Il nous faut une société nouvelle, avec des hommes et des femmes qui pensent et agissent autrement, des hommes libres mais responsables et respectueux de la loi et des principes qui nous gouvernent.

Pour être véritablement poli, il faut être à la fois bon, juste et généreux mais pour avoir toutes ces valeurs on est obligé d’avoir un esprit droit et l’âme modeste. Toutes choses qui nécessitent une éducation morale et civique sans faille ainsi qu’une formation philosophique conduisant à la maturité de l’homme. C’est par l’éducation qu’on tempère chez l’être humain l’égoïsme, qu’on extirpe en lui la vanité.

C’est justement, pourquoi on a besoin d’un système éducatif efficace, capable de produire non pas simplement des détenteurs des diplômes mais plutôt des citoyens dotés d’une moralité et d’un civisme exemplaires.

La Guinée dispose énormément des richesses naturelles, cela est indiscutable.  Tout le monde nous le reconnait. La nature nous a offert l’essentiel de ce dont l’être humain à besoin comme matière à transformer pour vivre d’une vie merveilleuse.

Aujourd’hui, même les adolescents chantent que la Guinée est un pays riche, un scandale géologique et agricole. Cela n’est pas faux. Mais il est souhaitable qu’on enseigne plutôt à tout le monde surtout aux jeunes gens que la seule richesse, celle qui ne s’épuise jamais demeure la matière grise.

Un pays comme le nôtre doit dépenser beaucoup pour son éducation. On entend régulièrement dire que les jeunes sont manipulés, utilisés à des fins politiques où autres qui ne correspondent pas forcement à leurs intérêts, à ceux de leurs familles et même parfois pour des causes qui sont hautement nuisibles à l’avenir de notre peuple. Ces accusations fusent de tous les bords.

Mais ceux-là qui sont utilisés et manipulés, ne le sont-ils pas du fait d’un manque de capacité de réflexion, de compréhension et de discernement ?

Si la réponse à cette question est affirmative, cela revient à dire que l’éducation a manqué sa vocation première et de surcroît l’Etat a failli à l’une de ses responsabilités fondamentales c’est-à-dire donner une éducation morale et citoyenne à son peuple, de manière à ce que chaque citoyen ait un comportement responsable.

Un citoyen bien éduqué, bien formé, qui connait ses droits et ses devoirs, qui connait les lois et les dispositions réglementaires de son pays ne peut pas être manipulé pour des causes qui sont contre l’intérêt général. Mieux, il ne pourra pas fermer les yeux lorsque ce même intérêt général est mis à mal au profit des intérêts égoïstes et personnels par ceux qui gouvernent ou par ceux qui cherchent le pouvoir.

Car il est certain que le citoyen qui est manipulé pour des fins malsaines est autant dangereux pour la société que celui qui reste passif ou silencieux lorsque les valeurs fondamentales qui régissent le bon fonctionnement de la société sont mis à mal par les gouvernants ou par certains compatriotes.

Aussi, si nous voulons construire une société nouvelle, une autre Guinée, il serait urgent, voire même très urgent de revoir de fond en comble notre système éducatif.

Mais qu’est-ce qu’il faut faire ?

La première des choses, il faut une volonté générale et étatique. L’Etat doit mettre les moyens et il est temps que les dirigeants comprennent qu’aucune dépense n’est de trop lorsqu’il s’agit de l’éducation et de la formation. L’Etat peut décider par exemple d’investir 5% des retombées liées à l’exploitation minière dans l’éducation et à la recherche. Cela nous permettra au bout de quelques années de construire des infrastructures modernes, des écoles, des universités, des bibliothèques, des centres culturels, des laboratoires de recherches…

Un engament citoyen de la part de nos intellectuels. Ces derniers doivent se mettre au travail, réfléchir et doter notre pays des outils pédagogiques qui répondent aux attentes de notre situation actuelle.

Il faut rendre l’école totalement gratuite et obligatoire, oui obligatoire jusqu’à l’âge de 18 ans.  

Aujourd’hui, l’éducation de base est banalisée, plusieurs de nos enfants obtiennent leurs certificats d’étude élémentaire et arrivent au collège sans la maîtrise des fondamentaux alors que le primaire constitue le fondement de l’apprentissage. C’est le début de la construction du modèle de citoyen que nous voulons. Cette phase marque le soubassement de tout le processus de formation.

L’objectif est qu’aucun enfant ne doit faire le passage du primaire au collège s’il est incapable de lire, écrire et compter correctement.

Et il faut se donner les moyens de donner une bonne éducation, un enseignement de qualité à travers des enseignants eux-mêmes bien formés, des pédagogues formés pour cela ; car enseigner est un métier que ne peut valablement exercer que ceux qui l’ont appris avec amour et passion.

L’Etat doit créer des cantines scolaires et faire en sorte que les enfants passent l’essentiel de leurs journées à l’école.

Aujourd’hui malheureusement force est de reconnaître que nos enfants passent peu de temps à l’école et cela constitue un sérieux problème dans leurs parcours de scolarisation.

Et pourtant, une fois que l’éducation nationale devienne obligatoire et gratuite pour tous, l’Etat avec la collaboration des associations des parents d’élèves pourront tout contrôler et garder les enfants toute la journée à l’école afin de leur offrir un environnement favorable à leur scolarisation. Au-delà de l’apprentissage des fondamentaux que sont écrire, lire et compter et de la morale, du civisme et de la bonne conduite dans la société, ils pourront pratiquer le sport pour leur épanouissement physique.

Le fait de garder les enfants toute la journée à l’école aura des conséquences salutaires car s’ils restent en familles, dans les quartiers ou dans les rues, ils sont exploités ou risquent très souvent de développer de mauvaises habitudes.

Il est impossible de donner une bonne éducation aux enfants si le temps qu’ils passent à la maison est deux fois supérieur au nombre d’heures qu’ils font à l’école et il est impossible d’avoir une société éduquée si envoyer son enfant à l’école reste un choix. Il faut que ça soit une obligation d’envoyer son enfant à l’école et l’enfant doit passer plus de temps avec les éducateurs que les parents, pendant les jours ouvrables.

 S’ils sont toute la journée à l’école et bien encadrés, si on s’occupe très bien d’eux, cela nous permettra dans 15 à 20 ans d’avoir des générations des jeunes gens bien formées et bien éduquées.

Avec un tel système, l’Etat pourra lutter contre le communautarisme car tous les enfants de la République grandiront dans le même environnement, ils seront éduqués dans les mêmes valeurs d’amour, de tolérance, de civisme et de patriotisme. Mais il faut que les encadreurs, les enseignants au sein des écoles primaires et même ceux du préscolaire eux-mêmes soient d’abord bien formés et qu’on dote les établissements scolaires des manuels et des ouvrages permettant d’obtenir le résultat de l’objectif fixé.

Il est évident qu’avec l’éducation on peut changer notre mode de vie, nous pourrons construire une société nouvelle. On peut lutter effacement contre les maux qui détruisent notre société si toutefois on met en place un système éducatif qui répond aux aspirations des sociétés modernes.

Mais l’Etat doit faire de l’éducation une priorité urgente, mettre les moyens nécessaires et les hommes politiques de tous bords doivent mettre l’éducation nationale au centre des enjeux. Les médias doivent s’y intéresser davantage.

Un peuple ne peut produire que s’il est bien éduqué, bien formé et en bonne santé.

MB DIALLO

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