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Le CNOSCG condamne « avec la dernière énergie » les propos du président Alpha Condé à Kankan

Ce samedi 19 septembre 2020, à l’occasion d’un meeting du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG-arc-en-ciel, parti au pouvoir) à Kankan, le président Alpha Condé a tenu des propos qui continuent de donner lieu à quelques commentaires au sein de l’opinion publique. En somme, le chef de l’Etat et candidat au troisième mandat mettait en garde ses militants ‘’malinké’’ (l’expression est de lui, ndlr) de la Haute Guinée contre le risque, selon lui, qu’il y a à se prononcer pour un autre candidat qui ne soit lui. Cela, à l’en croire, reviendrait en effet à disperser les voix et ainsi favoriser son challenger principal, Cellou Dalein Diallo. Et pour convaincre son auditoire, le président Alpha Condé n’a pas hésité à faire appel au traumatisme que furent pour la communauté de la Haute Guinée, les événements consécutifs à la tentative du coup d’Etat de Diarra Traoré du 4 juillet 1985. Ces propos sont perçus chez bon nombre de Guinéens comme relevant d’une tentative désespérée du candidat Alpha Condé d’user de l’instrumentalisation ethnique pour arriver à ses fins. En tout cas du côté du Conseil national des organisations de la société civile de Guinée (CNOSCG), on les condamne avec « la dernière énergie). Dr. Dansa Kourouma, le président de la Plateforme pense néanmoins pour mettre fin à cette ce type de dérive, des réformes d’envergure et des choix de société s’imposent.

Pour deux raisons au moins, la société civile guinéenne dénonce la sortie du président Alpha Condé. D’abord, « pour le caractère particulièrement sensible des propos », nous dit Dr. Dansa Kourouma. Ensuite, poursuit-il : « pour celui qui les tenus ». En effet, explique le président du CNOSCG : « Même s’il est candidat et que cette candidature est diversement perçue par les Guinéens, il demeure néanmoins encore le président de la République. Et de ce fait, Il doit s’interdire des propos qui peuvent raviver la haine ethnique dans notre pays ».

Ceci étant, le président CNOSCG fait remarquer que l’utilisation des différences ethniques à des fins politiques n’est ni une première en Guinée, ni à l’apanage du seul Alpha Condé. « L’ethno stratégie a été toujours le socle de la compétition politique en Guinée ». Il voudrait en conséquence pouvoir compter sur le sens de discernement des Guinéens en général et des jeunes en particulier. « C’est aux populations ne pas continuer à servir de proie facile à ce type de manipulation, de ne pas se laisser prendre part l’hameçon du tribalisme et de l’instrumentalisation des différences. Au lieu de prêter le flanc à la manipulation, elles doivent exiger une offre politique qui doit changer le cours de leur vie. Les électeurs doivent opérer la révolution de conscience de manière à poser des questions précises sur ce que les différents impétrants proposent », préconise-t-il.

Mais au-delà des leaders politiques qui demeurent, selon Dr. Dansa Kourouma, les premiers responsables de la manipulation des ethnies à des fins politiques, il y a celle de la justice et des institutions. Toutes deux ont également failli, estime-t-il. Il recommande par conséquent que les « juridictions du pays puissent être compétentes pour se saisir des questions touchant à l’ethnocentrisme ». Encore qu’il y a un préalable à cette condition : « que la loi, au-delà des condamnations de principe, puisse criminaliser l’ethnostratégie ». Quant à la faillite des institutions, Dr. Dansa Kourouma pointe tout particulièrement l’INIDH dont il dit qu’elle « n’est pas l’institution que l’on attendait d’elle ».

Enfin, pour soigner le mal à la racine, le président du CNOSCG revient à la proposition de feu le général Lansana Conté, au début des années 90. « Il faut mettre fin au multipartisme sauvage tel qu’on le connait aujourd’hui. Il faut que par le biais d’une réforme constitutionnelle, on revienne à deux courants idéologiques majeurs ».

Boubacar Sanso BARRY

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