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PRESIDENTIELLE 2020 : pour des résultats acceptés et sans violences, Dansa Kourouma situe les responsabilités

Pour le président du Conseil national des organisations de la société civile de Guinée (CNOSCG), l’enjeu de la présidentielle du 18 octobre prochain, n’est pas de savoir qui va l’emporter. Le défi, à en croire Dr. Dansa Kourouma, est dans l’acceptation des résultats du vote, dans un contexte apaisé. Ce défi peut bien être relevé, assure le président du CNOSCG. Mais pour cela, il faudrait que chacune des parties prenantes joue la partition à elle dévolue. Que les candidats fassent montre de responsabilité en s’abstenant des déclarations de nature entretenir la haine et la division, que les électeurs en général et les jeunes en particulier, choisissent sur la base des programmes de société, que toutes les institutions impliquées dans l’organisation fassent en sorte que le scrutin ne soit pas émaillé de fraude, que la justice, dans l’éventualité où elle est saisie, dise le droit, que la Cour constitutionnelle se prononce en toute impartialité, que la presse nationale et internationale, ne travaille que dans l’intérêt supérieur de la Guinée…bref, que chacun s’acquitte en toute conscience du travail qui est le sien. 

Ci-dessous la réflexion de Dr. Dansa Kourouma

ÉLECTIONS ET SOCIÉTÉS !

« Une responsabilité individuelle et collective, à chacun d’assumer sa part honnêtement et dignement pour sauver la paix et assurer le progrès social ».

Les Guinéens sont appelés aux urnes le 18 octobre 2020 dans un contexte particulièrement tendu, qui est chargé de vives tensions, de craintes et surtout d’angoisses.

  • Des tensions ravivées par des discours menaçants, bellicistes et surtout gonflés de haine et de division;
  • Craintes et angoisses des citoyens face à une pandémie mondiale qui a coûté en vies humaines, agonisant nos maigres économies;
  • Peur ressentie par des citoyens de ce qui sera fait du lendemain, surlendemain du scrutin du 18 octobre 2020;
  • Le cauchemar du double scrutin du 22 mars plane encore dans la tête de nombreux compatriotes;
  • Les violence, les menaces et les accusations…

Aujourd’hui, la question n’est pas de savoir qui va conduire les destinées du pays après ces élections, mais plutôt est ce que les résultats seront acceptés et sans violences ?

Les Guinéennes et Guinéens ont à choisir entre douze (12) candidats parmi lesquels deux femmes et le principal opposant du pouvoir actuel. C’est aussi choisir entre douze (12) projets politiques et de société pour un pays qui a tout, mais qui a besoin de tout. Mais il a besoin surtout de justice sociale, de cohésion, d’unité et de stabilité pour se réinventer économiquement.

C’est dans ce contexte que la campagne électorale en prélude du scrutin présidentiel du 18 octobre 2020 a été lancée officiellement le 18 septembre 2020 et se poursuivra jusqu’au 17 octobre 2020.

Face aux enjeux et défis de cette élection présidentielle, la société civile que j’ai l’honneur de diriger est placée face à ses responsabilités, qu’elle doit assumer devant l’histoire et le peuple de Guinée.

  • Responsabilité de veiller à la régularité, la transparence, l’apaisement du processus électoral et notamment de cette campagne qui déterminera les véritables motivations et prédispositions des candidats et des Guinéens à préserver la quiétude, l’unité et la paix en Guinée.
  • Responsabilité d’encourager la participation éclairée et responsable de toutes les électrices et électeurs du pays, notamment les jeunes au vote ;
  • Responsabilité de veiller sur les comportements, discours et actes des candidats, des militants, de l’administration, des forces de sécurité et de la presse en cette période sensible.
  • Responsabilité d’alerter et d’engager en temps réel la communauté nationale et internationale, la CENI et les institutions compétentes.
  • Responsabilité de rendre compte indépendamment de toute passion, pression et position partisane au peuple et aux partenaires de la Guinée à travers un rapport indépendant, impartial, exhaustif et cohérent, de l’intégrité du processus électoral avant, pendant et après les échéances.
  • Responsabilité de contrôler la qualité de la prestation de la CENI, de la Cour Constitutionnelle, de la HAC et les forces de sécurisation du scrutin en vue de certifier sur la foi et l’honneur l’intégrité du processus électoral.
  • Responsabilité d’orienter les électeurs vers des choix basés sur des projets de sociétés et non sur des clans, ethnies ou même des communautés…

Pour assumer sa part de responsabilité, la faîtière des faîtières déploiera 10.000 observateurs pour contrôler, alerter sur la conformité des opérations avec les principes d’équité, de transparence et d’intégrité du processus, mais surtout dissuader toutes velléités de fraude et de violences avant, pendant et après.

Le CNOSCG avec l’appui de la CENI et de ses partenaires surveillera la campagne électorale. Et rendra compte de sa régularité : discours politiques, projets de sociétés, équité de traitement des candidats, etc. Un rapport sera dressé à cet effet.

Pour mener cette mission avec professionnalisme, indépendance et transparence, 400 moniteurs de la campagne électorale sont déployés dans les 33 préfectures et les 5 communes de Conakry pour surveiller le processus : discours des candidats, commentaires et analyses des médias et les projets de société des candidats.

J’en appelle à un sursaut de conscience des citoyens et une responsabilité des partis politiques et des candidats.

  • Pour les uns (citoyens), ils doivent se mobiliser pour un vote citoyen et responsable pour barrer la route à l’ethnocentrisme et le communautarisme.
  • Pour les autres (les partis politiques), ils doivent rester responsables dans leurs discours et leurs stratégies pour éviter un lendemain électoral violent et agité.

L’unité nationale reste précaire et constamment menacée par les politiques et les autorités en complicité avec des citoyens belliqueux, surtout devant une justice peinée mais qui ne parvient à sévir contre des pratiques répréhensibles sur le champ politique.

Je ne saurais terminer sans marteler sur la responsabilité des hommes et des femmes en robe (juges) et la justice qui est le garant de la paix et de la quiétude sociale. C’est à eux que revient la lourde responsabilité de promouvoir et faire respecter les libertés, droits et devoirs des citoyens dans une démocratie.

Les forces de défense et de sécurité doivent demeurer républicaines, patriotiques et surtout impartiales dans leurs actions. Il s’agit pour eux et en cette période particulièrement sensible de sécuriser les personnes et leurs biens sans influences et dans une équité sans équivoque.

Protéger nos frontières et défendre nos institutions conformément à leurs prérogatives constitutionnelles et dans l’intérêt supérieur de la république et des Guinéens.

L’administration publique, la CENI, la HAC, l’INIDH et la Cour constitutionnelle doivent dans l’intérêt du pays dire le droit sans équivoques pour sauver la quiétude et la paix. Leurs impartialités et surtout l’intégrité de leurs actions sont la seule issue heureuse en cette période d’angoisse et de peur.

Je m’adresse à la jeunesse, la jeunesse guinéenne dirais-je, le présent et futur du pays, qui doit avec détermination et clairvoyance se dresser comme un seul homme devant les forces du mal et s’opposer à toutes formes de violences.

Cette jeunesse qui est devenue une proie facile pour les imposteurs, les pyromanes et les pouvoirs de l’argent la tiennent et la possèdent. J’invites les jeunes guinéens à une révolution de conscience pour sauver notre pays des mains de ceux qui veulent le conduire dans l’abime.

J’interpelle la conscience citoyenne de la presse nationale, une presse forte de plusieurs centaines de médias, des journalistes talentueux et des techniciens dégourdis. Je les exhorte à choisir la ligne éditoriale de la Guinée : une Guinée de paix, de stabilité et de tolérance. Cette ligne éditoriale est celle d’une Guinée unie, digne et forte qui doit assumer son passé et son présent. Une Guinée unie qui doit cependant projeter son futur avec sérénité et confiance.

Guinéennes et Guinéens, le 18 septembre est une opportunité pour toutes et tous de décider : de notre sort en choisissant celui ou celle qui soit le mieux pour garantir l’unité nationale, la justice, la paix et surtout qui soit à mesure de lutter contre la corruption et l’impunité.

Alors, je nous exhorte à choisir la rupture dans la paix ou la continuité dans la paix. C’est ce choix qui peut nous conduire à un progrès social et économique certain, mais dans un climat apaisé et serein, gage de confiance entre toutes les composantes de notre nation.

Dr Dansa KOUROUMA

Président du CNOSCG

Directeur de l’Observatoire Citoyen de la Gouvernance et de la Redevabilité.

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