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RD CONGO : le M23 même pas pressé

Depuis dimanche dernier, les rebelles du M23 dont l’offensive lancée il y a un peu plus d’un an a de nouveau plongé l’est de la République démocratique du Congo (RD Congo) dans la violence, étaient censés s’être retirés des zones qu’ils avaient conquises pour se retrouver dans leur repaire historique de Sabinyo. Mais ce n’est pas encore le cas. Bien sûr, ils ont abandonné certaines de leurs positions. Mais au dernier moment, le mouvement sort le prétexte qu’il ne serait pas prudent de sa part de quitter définitivement toutes ses positions et risquer de se voir accusé d’exactions et d’atrocités par des enquêteurs impartiaux. Il fait particulièrement allusion aux événements qui se sont produits en fin novembre dans la localité de Kishishe, dans les environs du parc des Virunga, où les rebelles sont accusés d’avoir massacré quelques 300 personnes. Mais en réalité, il ne s’agit là que d’une manœuvre faite de défiance vis-à-vis des accords signés avec les pays de la région. La lenteur qu’ils observent dans leur retrait renvoie juste le message selon lequel les rebelles ne sont guère impressionnés par les menaces de la force régionale de la Communauté d’Afrique de l’est (EAC). Une force qui, il est vrai, n’est pas si impressionnante que cela.

Des antagonismes communautaires au service du pillage

Les populations de l’Est de la RDC prient pour que leur martyr qui n’a que trop duré prenne fin. S’ils ne réclament pas nécessairement les artifices du fameux développement économique, ils aimeraient néanmoins vivre une certaine tranquillité pour pouvoir élever leurs enfants, cultiver leurs champs et mener ainsi une existence austère mais paisible. Mais ce n’est malheureusement pas gagné. Symbolisant particulièrement la théorie de la malédiction des ressources naturelles, cette partie de ce vaste pays attire en effet les conflits et les violences, comme un aimant. Bien sûr, les antagonismes de nature communautariste qui traversent la région toute entière et qui ont culminé avec le génocide rwandais en 1994, y sont pour quelque chose. Au nom de son droit qu’il croit légitime de poursuivre les génocidaires qu’il a toujours accusé la RD Congo d’avoir abrités, Paul Kagamé n’a ainsi cessé d’être un acteur assumé ou non des crises récurrentes dans l’est de la RDC. Mais les observateurs n’excluent pas qu’il se serve de cet argument pour participer aussi au pillage des immenses ressources qui gorgent le sol et le sous-sol des régions du nord-Kivu et du sud-Kivu. D’autant qu’il bénéficie d’une complicité tacite de la communauté internationale, les Etats-Unis en tête. D’ailleurs, dans le cas de cette dernière offensive du M23, il est clairement établi que Kigali est à la manœuvre.

Les autorités congolaises interpellées

Ceci étant, les autorités congolaises et plus globalement l’élite dans son ensemble sont interpellées. Que le pays se fasse régulièrement agresser de la sorte par le Rwanda, infiniment plus petit que lui, cela interroge le leadership à la tête du Congo pour ce qui est notamment de la gouvernance. En effet, il est notoirement admis qu’en RDC, l’Etat est absent de pans entiers du pays. En particulier, la région orientale que se disputent depuis des années des rebelles soutenus par les pays voisins, échappe de fait au contrôle du pouvoir congolais. Et c’est de cet abandon dont profitent tous les groupes armés qui y font régner leur loi.

Pas de franc jeu

Le retour de la paix et de la quiétude dans l’est de la RD Congo est d’autant plus incertain que les pays de la région qui sont impliqués dans les initiatives de négociations ne jouent pas franc jeu. Selon les circonstances et les contextes, au même titre que le Rwanda, la plupart d’entre eux tirent en effet les ficelles des hostilités qui éclatent. Aussi, quand ces mêmes pays menacent d’user de la force pour contraindre le M23 à se retirer de ses positions, cela a de quoi faire sourire à certains égards. Parce qu’en dehors des salles feutrées et des communiqués officiels au contenu convenu, entre chefs rebelles et chefs d’Etat-major des armées républicaines, on sait qui est qui.

Boubacar Sanso Barry

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