Alors que le gouvernement continue de minimiser la situation, la Guinée est confrontée à un manque criard de liquidités. Dans les banques et agences, les files d’attente s’allongent et les citoyens subissent de plein fouet les conséquences de cette pénurie.
Sur le plateau de TV5 Monde, le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a assuré que la situation n’était pas critique : « En réalité, il n’y a pas de crise de liquidité comme on entend souvent les gens s’exprimer. Il y a une volonté aujourd’hui d’encourager d’autres modes alternatifs de transactions financières ».
Mais cette version officielle contraste fortement avec le vécu des citoyens. Mamadou Baldé, fonctionnaire d’État, raconte un quotidien marqué par la frustration et l’impuissance.
« Depuis lundi, je n’ai toujours pas reçu mon salaire. Je me suis déplacé à plusieurs reprises à la banque, mais non seulement il y a du retard, mais les agents disent qu’il n’y a pas d’argent disponible », a-t-il déclaré.
La situation devient encore plus compliquée lors des retraits : « Si tu souhaites retirer 3 millions de GNF, l’agent ne peut te donner qu’1 million de GNF et te propose de récupérer le reste via dépôt ou Orange Money ».
Pour Mamadou Baldé, ces solutions alternatives sont loin d’être satisfaisantes.
« Aujourd’hui, retirer même 50 000 GNF dans un kiosque est un vrai défi. Imaginez pour 500 000 GNF ou 1 million de GNF. La population souffre énormément. Avec la fête qui approche, un cas d’urgence financière peut devenir un véritable problème. Les autorités doivent trouver une solution rapidement », a-t-il expliqué.
À travers une publication sur sa page Facebook, le conseiller au CNT Mohamed Lamine Diallo (Mamadou Thug), a exprimé son désarroi.
« Sincèrement, je pense que je vais arrêter de fréquenter les banques. Le stress devient trop lourd à supporter, et j’ai l’impression que mon esprit va craquer à tout moment. La situation est vraiment difficile, et le Guinéen souffre beaucoup », a-t-il écrit.
Cette crise met en lumière un décalage inquiétant entre la communication officielle et la réalité vécue par la population. Les Guinéens sont confrontés à une situation où accéder à leur propre argent relève parfois de l’impossible, ce qui impacte non seulement leur quotidien mais aussi la préparation aux fêtes et aux besoins essentiels.
N’Famoussa Siby


