À quelques semaines du scrutin du 31 mai, la publication de la liste provisoire des candidats par la Direction générale des élections (DGE) révèle une tendance lourde : plusieurs figures du Conseil national de la transition (CNT), dont son président Dr Dansa Kourouma, se positionnent pour prolonger leur influence au cœur du futur Parlement.
À la faveur de la publication des candidatures provisoires par la DGE, une réalité s’impose : plusieurs conseillers nationaux ne comptent pas quitter la scène politique sans tenter de convertir leur position actuelle en légitimité électorale.
En tête de cette dynamique, Dr Dansa Kourouma. Président du Conseil national de la transition, il franchit un cap politique majeur en se portant candidat sur la liste de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP), dirigée par Boubacar Siddighy Diallo. Une candidature hautement symbolique pour celui qui incarne jusque-là l’organe législatif de la transition, et qui pourrait désormais briguer un mandat issu des urnes.
Mais il n’est pas seul. D’autres conseillers nationaux suivent le même chemin. Jean Paul Kotembedouno et Hamidou Camara, tous deux affiliés à la FIDEL, ainsi que Saran Traoré et la militante féministe Hadja Idrissa Bah sous la bannière de l’UMP, figurent également sur les listes.
La liste fait également apparaître d’anciens membres du gouvernement, à l’image de Charlotte Daffé (FIDEL). Mais c’est surtout le cas de Jean Paul Cedy qui intrigue : l’ancien ministre apparaît simultanément sur deux listes différentes, celle de l’UMP et celle de la FIDEL, soulevant des interrogations sur la régularité et les arbitrages à venir.
D’autres anciens ministres, notamment Keamou Bogola Haba, Louopou Lamah, sont également dans la course sur la liste du parti Nouveau départ (ND).
Au-delà des candidatures, une question de fond se pose : ces acteurs de la transition cherchent-ils à capitaliser leur position actuelle pour s’ancrer durablement dans le paysage institutionnel post-transition ? Le scrutin du 31 mai prochain pourrait bien marquer non seulement la fin d’une transition, mais aussi le début d’une nouvelle ère dominée par ses anciens artisans.
N’Famoussa Siby




