Marqué par une affluence timide dans plusieurs localités, des retards à l’ouverture de certains bureaux de vote et des manquements matériels signalés sur le terrain, le double scrutin législatif et communal du 31 mai s’est déroulé dans un contexte contrasté. Malgré ces difficultés, la Direction générale des élections (DGE) estime que les premières tendances recueillies à travers le pays laissent entrevoir un taux de participation encourageant, sans toutefois avancer de chiffres officiels.
S’exprimant devant la presse, la directrice générale des élections a reconnu l’existence de plusieurs difficultés logistiques au cours de la journée, tout en soulignant la réactivité des équipes grâce aux mécanismes de suivi mis en place.
« Il y a eu des difficultés logistiques que nous assumons pleinement, mais elles ont été rapidement résolues grâce au Centre opérationnel de suivi et au centre d’appel 105, qui a permis aux citoyens de signaler les problèmes rencontrés sur le terrain », a-t-elle déclaré.
Selon Djenab Touré, l’organisation du scrutin a mobilisé d’importantes ressources humaines et matérielles à travers le pays. Plus de 16 700 centres de vote et près de 24 000 bureaux de vote ont été déployés pour accueillir les électeurs inscrits sur le fichier électoral.
La DGE a notamment relevé des retards dans l’ouverture de certains bureaux de vote, causés principalement par les fortes pluies enregistrées dans plusieurs localités du pays. Ces difficultés ont été signalées à N’Zérékoré, Mandiana, Kérouané ainsi que dans certaines communes de Conakry.
Pour compenser ces retards, l’heure de clôture du scrutin a été prolongée jusqu’à 19 h 30 afin de permettre aux électeurs concernés d’exercer leur droit de vote.
« Tout est progressivement rentré dans l’ordre et aucun incident majeur n’a été signalé. Les quelques incidents enregistrés étaient mineurs et n’ont pas eu d’impact significatif sur le déroulement du vote », a rassuré la directrice générale.
La responsable électorale a particulièrement insisté sur l’approche participative adoptée dans l’organisation du scrutin. Elle a salué l’implication des partis politiques, des mouvements politiques nouvellement reconnus par la loi, des organisations de la société civile, des associations de personnes vivant avec un handicap ainsi que des médias nationaux et internationaux.
Selon elle, cette démarche inclusive constitue l’un des principaux acquis du processus électoral guinéen.
« Nous avons travaillé avec l’ensemble des acteurs du processus. Cette synergie a permis de renforcer la confiance et d’assurer une meilleure mobilisation des citoyens », a-t-elle indiqué.
Revenant sur les précédentes consultations électorales organisées sous la transition, notamment le référendum constitutionnel et l’élection présidentielle, la directrice générale a estimé que la Guinée dispose désormais d’une expertise reconnue en matière d’organisation électorale.
Elle a notamment cité la rapidité du traitement et de la proclamation des résultats lors des précédents scrutins comme un exemple de savoir-faire que le pays pourrait partager avec d’autres États.
« La Guinée a aujourd’hui une expérience à exporter. Chaque scrutin nous permet d’accumuler davantage d’enseignements que nous allons capitaliser pour améliorer les prochaines échéances électorales », a-t-elle affirmé.
Concernant la remontée des résultats, la DGE a annoncé que plus de 50 % des Commissions administratives de centralisation des votes (CACV) avaient déjà entamé le processus de centralisation quelques heures seulement après la fermeture des bureaux de vote.
Les procès-verbaux, listes d’émargement et autres documents électoraux sont progressivement acheminés vers les commissions compétentes avant leur transmission à la Direction générale des élections et à la Cour suprême, conformément aux dispositions légales.
« Dès demain, nous allons nous atteler au traitement des résultats. Les commissions de réception et de transmission sont déjà à pied d’œuvre dans toutes les communes du pays », a précisé la directrice générale.
Sans avancer de chiffres définitifs, la DGE estime que les premières statistiques recueillies laissent entrevoir un taux de participation encourageant.
Selon les observations remontées des différentes régions du pays, l’affluence enregistrée en fin de journée dans plusieurs centres de vote constitue un indicateur positif pour ce scrutin.
La directrice générale a également salué le travail effectué par les agents du centre d’appel 105, mis en place pour recueillir les préoccupations des citoyens tout au long de la journée électorale.
Elle a indiqué que ce dispositif a permis de traiter un grand nombre d’appels provenant des différentes régions du pays, tout en facilitant la remontée rapide des informations vers les équipes opérationnelles.
Évoquant les critiques formulées sur les réseaux sociaux et dans certains médias, la responsable de la DGE a assuré qu’elles étaient prises en compte dans une logique d’amélioration continue.
« Vous savez, être critiqué est normal quand vous travaillez. Il faut accepter les critiques. Moi, en tant que première autorité, je n’ai aucun problème avec elles, qu’elles soient négatives ou positives. Il faut avancer. J’ai une mission pour mon pays et j’assume pleinement cette mission. Cela va avec les critiques, et je les accepte également. Positives ou négatives, nous les analysons et nous en tirons des enseignements, parce que chacun connaît l’histoire et l’analyse à sa propre manière, selon sa compréhension et son degré de connaissance de la matière que vous pilotez. Il ne faut donc pas rejeter les critiques, il faut les accepter, parce que les gens vont parler, mais nous l’acceptons », a-t-elle conclu.
Pour la Direction générale des élections, cette consultation électorale restera une étape majeure de l’histoire démocratique du pays, marquée par une forte mobilisation des acteurs impliqués et un déroulement globalement pacifique sur l’ensemble du territoire national.
Aminata Camara




