Sékou Koundouno et Ibrahima Diallo recouvrent la liberté mais restent sous contrôle judiciaire

 « Infirmant les ordonnances Numero 14 rendues par M. Almamy Sekou Camara juge d’instruction au tribunal de Mafanco le 9 mars 2020, ordonne la remise en liberté de Sekou Koundouno et de Ibrahima Diallo tout en les plaçant sous contrôle judiciaire et les astreignant à se présenter une fois par semaine au cabinet de M. Almamy Sékou Camara  juge d’instruction en charge de l’affaire », telle est la quintessence de la décision que la présidente de la chambre de contrôle de l’instruction de la Cour d’appel a rendue ce jeudi 12 mars 2020, dans l’affaire consécutive à l’arrestation, le vendredi 6 mars dernier, de Sékou Koundouno et d’Ibrahima Diallo, tous deux responsables du Front national pour la défense de la constitution. Une décision consécutive à un ensemble d’exceptions relevées par les avocats de la défense et auxquelles la présidente de la chambre d’instruction n’a pu donner suite.  

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Me Mohamed Traoré, avocat des deux opposants à la nouvelle constitution explique en quoi a consisté la stratégie qui a débouché sur la libération de ses clients. D’abord, selon lui, il y a appel des deux ordonnances rendues le 9 mars dernier par le Tribunal de Mafanco. Puis, la défense a engagé une « procédure accélérée » afin d’obtenir la libération le plus tôt possible. Quant au fond, il explique : « dans notre requête, nous avons dénoncé les conditions dans lesquelles ils ont été arrêtés et nous avons  relevé le fait que nos clients soient déférés devant le parquet de Mafanco, dans la mesure où ils habitent tous dans le ressort de la juridiction de Dixinn. Les faits qui leur sont reprochés sont censés avoir été commis dans le même ressort et ils sont été arrêtés dans le même ressort. Ce qui fait que sur le plan territorial, la compétence de cette affaire devait être dévolue au tribunal de Dixinn. Nous aussi relevé qu’ils ont été entendus en l’absence de leurs avocats. Pourtant, nous avions essayé de rentrer en contact avec nos clients pour les assister conformément à l’article 9 de la constitution ». 

Aussi, à en croire Me Mohamed Traoré, à l’examen de ces arguments, la présidente de la chambre d’instruction de la Cour d’appel n’a pu que les prendre en compte. D’autant que, souligne-t-il : « le ministère public même a reconnu les violations des droits de la défense ». 

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Bref, une nouvelle fois, Sékou Koundouno et Ibrahima Diallo retrouvent la liberté, même s’ils demeurent sous contrôle judiciaire.

A préciser qu’un certain nombre de griefs leur étaient pourtant reprochés :  violences et voies de faits, outrage à agents, production, diffusion et mise à disposition d’autrui de données de nature à troubler l’ordre  public et la sécurité publique  et de nature à porter atteinte à la dignité humaine.

Toutefois, au moment où  nous  quittions  les lieux (16h30 minutes ), les deux détenus n’avaient pas encore été  mis à la disposition de leurs avocats qui attendaient  toujours à  la Cour d’appel  de Conakry.

Balla Yombouno