ALASSANE OUATTARA : « chercher à être président au-delà d’un certain âge, ce n’est pas raisonnable »

La sortie n’est probablement pas destinée ni à la Guinée, ni au président Alpha Condé en particulier. Mais une nouvelle fois, difficile de ne pas voir un lien entre les derniers propos du président ivoirien, Alassane Ouattara, et le débat sous-jacent autour du troisième mandant en Guinée. Ce jeudi 12 mars 2020, A l’occasion d’une réunion du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), qui a entériné le choix d’Amadou Gon Koulibaly comme son dauphin, le chef de l’Etat ivoirien a donné les raisons de son choix de ne pas briguer un mandat supplémentaire à la tête de son pays. Et selon lui, alors qu’il en avait le droit, c’est son âge avancé qui a pesé dans la balance. A 79 ans, il fait le choix de s’arrêter. En Guinée, alors qu’Alpha Condé en a 82 depuis le 4 mars dernier, voudrait néanmoins rempiler, non pas pour un, mais pour deux mandats de six ans chacun. « Ce n’est pas raisonnable », semble lui conseiller son homologue ivoirien.

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Alassane Ouattara l’avoue volontiers: “si j’avais 60 ans, j’aurais fait 4 mandats, ceci m’aurait porté à 80 ans”. Ayant célébrer son 78ème anniversaire le 1er janvier dernier, il assure être en “pleine forme“. Pour autant, il estime “qu’au-delà d’un certain âge – et je pense 75 à 80 ans – c’est quand même la limite”. Car, à ses yeux, il y a une implacable réalité qui s’impose à l’être humain. A savoir qu’à “80 ans, on n’a pas la même énergie qu’à 70 ans, on n’a pas la même énergie qu’à 60 ans, on n’a pas la même énergie qu’à 50 ans, on n’a pas la même énergie qu’à 40 ans….”. 

Puis, c’est l’estocade: “pourquoi voulez-vous qu’on reste aux affaires et qu’on cherche à être président au-delà d’un certain âge ? Ce n’est pas raisonnable ! En tout cas, si les uns et les autres savent ce que c’est que la charge du président de la République, à partir d’un certain âge, eux-mêmes ne chercheraient plus à être président“. Alpha Condé appréciera!

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Et pour boucler la boucle, ADO, le président dont le président Alpha Condé est le conseiller politique, rappelle subtilement qu’il y a une vie après le palais. Et pas que dans les institutions. “Ayez pitié de moi, laissez-moi partir ! Laissez-moi partir pour consacrer du temps à moi-même, à ma famille, à mes enfants, à mes petits-enfants. Je suis sûr que vous me comprenez”, implore-t-il.

Si on ne connait pas l’état d’âme du président Alpha Condé par rapport à tout ce débat, ni d’ailleurs le choix ultime qu’il pourrait faire, par contre, il est évident qu’avec des sorties comme celle d’Alassane Ouattara, il doit éprouver un certain malaise intérieur. Sa position doit être moins confortable qu’elle ne l’était il y a quelques semaines. Surtout si on y ajoute la pique tout aussi orientée que lui a adressée il y a quelques jours son homologue nigérien, Mahamadou Issoufou, devenu le chantre de l’alternance politique dans la sous-région.

Boubacar Sanso BARRY