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GUINEE BISSAU : l’alternance en otage

La Guinée Bissau serait-elle un pays maudit ? C’est en effet la question qu’il convient de se poser au sujet des derniers événements que l’élite politique de cette ex-colonie portugaise nous a servis ces derniers jours. Deux présidents, deux premiers ministres, le tout en moins de 48 heures. Voilà qui n’a rien de rassurant. Pourtant – et c’est le pourquoi de notre question de départ – on avait nourri tant d’espoir pour ce petit pays de l’ouest-africain abonné aux crises. En décembre dernier, il était de nouveau au bord du précipice. Mais avec le scrutin du 29 décembre, on avait espéré qu’il ait définitivement tourné la page de ce sinistre passé. Malheureusement, le processus électoral ayant été plombé par des rivalités régionales, on débouche de nouveau sur un imbroglio dont on ne sait pas quand en sortir.

On ne le dit pas assez. Mais la confusion qui continue de régner en Guinée Bissau n’est pas que le fruit de l’irresponsabilité des acteurs politiques du pays. Elle est aussi le reflet des rivalités qui empêchent la CEDEAO de mettre fin à la pagaille qui y règne. Très concrètement, nombreux sont les observateurs qui trouvent qu’à travers respectivement Umaro Sissoco Embalo du Mouvement pour l’alternative démocratique (MADEM) et Domingos Simoes Pereira du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), ce sont Macky Sall, le président sénégalais, et Alpha Condé, son homologue guinéen, qui s’affrontent. On se rappelle que dans la gestion du sort de Yahyah Jammeh, l’ex-dictateur gambien, les deux, défendant des approches différentes, avaient également laissé apparaître cette rivalité. Or, dans le cas de la Guinée Bissau, on a tous en mémoire les premières sorties du candidat déclaré vainqueur du second tour. Umaro Sissoco Embalo avait clairement accusé le président guinéen d’avoir usé de tout pour l’empêcher de se faire élire.

Ainsi donc, c’est un processus qui semblait bien engagé qui est en voie d’être torpillé. Parce que même si Umaro Sissoco Embalo semble avoir le rapport de force en sa faveur, l’atmosphère sur place est très polluée. L’ambiance est y est propice à tous les coups fourrés. Or, pour la Guinée Bissau, ce climat de suspicion et cette absence de sérénité, ce n’est pas franchement ce qu’on peut espérer au lendemain d’un processus électoral jugé aussi transparent et aussi consensuel. Par conséquent, la CEDEAO doit y jouer son rôle ou plutôt cesser d’y jouer le rôle qui n’est pas le sien. Les instances en charge de statuer sur les résultats du second tour du 29 décembre ayant rendu leur verdict, on devrait pouvoir respecter ce dernier et ainsi donner la chance à ce pays de gouter à une gouvernance ordinaire et normale.

Boubacar Sanso BARRY

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